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Arabes (3)

stèle funéraire d'Arabie du sud (1er à 3eme s.) (Lo)

  LES CHEVAUX EN ARABIE (chap VIII) § 2

L'introduction des chevaux en Arabie

ensuite/e1

[...]
nous devons (..) indiquer pourquoi, après être restés de simples trafiquants et des combattants à dos de chameaux jusqu'à l'époque d'Auguste, les Arabes péninsulaires finirent par adopter l'usage du cheval dans les premiers siècles de l'ère chrétienne.

Si à l'usage du dromadaire, qui ne peut être utilisé d'une façon véritablement efficace que dans des pays d'une configuration toute spéciale, les Arabes joignirent alors l'usage du cheval, ce serviteur cosmopolite, c'est parce qu'à ce moment ils étaient sous l'impression d'une puissante fermentation, prélude de leur dernière grande irruption extra-péninsulaire qui allait leur donner l'empire du monde pour quelques siècles, et changer la face de la civilisation dans de si nombreuses et si belles contrées de l'Ancien Continent, en y portant une religion nouvelle.

Cet état de fermentation d'où sortit l'islamisme et qui, pendant plusieurs siècles, prépara les Arabes à leurs hautes destinées, a été mis en lumière par la critique contemporaine;

et l'on peut, dès le commencement du IIe siècle de notre ère, en reconnaître les premières manifestations dans les événements qui, sous Amrou-ben-Amer, dit Mozaïkia, déterminèrent l'
émigration de nombreuses tribus azdides, de l'Yémen dans le reste de la péninsule, et plus tard en Syrie et dans la Babylonie.

Les tribus émigrées de l'Yémen avec Amrou Mozaïkia s'étaient d'abord réfugiées dans le pays des Benou-Acc, sur les frontières de l'Yémen et du Téhama.

Des querelles qui s'élevèrent entre elles et les anciens habitants les forcèrent au bout de quelques années de s'en aller à Batn-Marr, auprès de la Mecque, chez les Djorhomites.

Mais le territoire aride de la contrée ne pouvant nourrir un si grand nombre d'étrangers, les seuls
Khozaïtes, devenus maîtres du pays, se fixèrent définitivement à la Mecque.

Leurs compagnons d'exil continuèrent leur route vers le nord, et, se divisant de nouveau, les uns se dirigèrent vers la Syrie, les autres vers la Babylonie ou Irak-Arabi.

Djofna, fils d'Amrou, fils de Thaléba, fils d'Amrou Mozaïkia, à la tête d'une partie des émigrés de Batn-Marr, parvint à la fin du IIe siècle de notre ère dans la Syrie Damascène, où il fonda en l'an 195 le
royaume de Ghassan, ainsi appelé du nom d'une citerne près de laquelle il établit d'abord son campement.

Les princes ghassanides ne tardèrent pas à embrasser le christianisme et à recevoir des empereurs romains le gouvernement des tribus arabes fixées dans cette partie de la Syrie.

Enfin les Arabes de Ghassan devinrent les auxiliaires des Romains, qui les employèrent comme troupes légères dans leurs guerres contre les autres tribus arabes et contre la Perse.

Les autres émigrés de Batn-Marr arrivèrent en Babylonie sous la conduite de Malec, fils de Fahm.

Les Arsacides à leur déclin régnaient encore en Perse; mais les troubles qui agitaient l'empire favorisèrent les projets de Malec, qui fonda en l'an 195 le
royaume de Hira sur les bords de l'Euphrate.

Les successeurs de Malec devinrent les alliés des Sassanides, les antagonistes des Ghassanides et des Romains; et
Noël Desvergers (Arabie, p 78-79) montre même l'un des rois de Hira, Mondhir Ier, pénétrant en Perse à la tête de 40 000 cavaliers pour aider le Sassanide Bahram à ressaisir le trône de la Perse en l'an 421.

Du reste, les rois de Hira, maîtres d'un pays d'une fertilité incomparable et renommé pour la multitude et les qualités de ses
chevaux, s'étaient vite élevés à un haut degré de puissance et de splendeur; et leur nombreuse cavalerie fit souvent éprouver de rudes échecs aux armées des Ghassanides et des Romains.

Enfin, l'écriture arabe, qui fut inventée dans le royaume de Hira quelque temps avant Mahomet et presque aussitôt introduite dans l'Hedjaz (Voyez Noël Desvergers, Arabie, p. 127-128, et Sale, Observ. sur le mahométisme, dans Les livres sacrés de l'Orient, p.474), suffirait pour montrer la continuité des relations que les Arabes de Hira avait conservées avec la mère patrie.

Piétrement 1882

 
Mais l'émigration extra-péninsulaire d'une partie des familles les plus turbulentes ne put arrêter l'effervescence qui s'était emparé de l'esprit des Arabes.
Ils continuèrent d'être agités par de longues
guerres civiles qui développèrent leurs instincts belliqueux et leurs aptitudes militaires.
" Grâce aux poèmes récités chaque année à Okadh, devant le peuple assemblé, les dialectes de l'Arabie s'épurèrent, et de leur fusion se forma cet idiome riche et nerveux dont les mâles accents devaient, dans la bouche du Prophète, appeler son peuple à la conquête du monde "

aussi voit-on se

"développer, pendant les deux derniers siècles qui précédèrent l'islamisme, la poésie, et avec elle toutes les vertus chevaleresques qui naissent du désir de la louange ou des exigences du point d'honneur; "

enfin l'écriture arabe, qui venait d'être inventée dans le royaume de Hira, pénétra à la Mecque et dans tout l'Hedjaz quelques années avant la naissance de Mahomet.

" Il ne faut pas s'étonner, d'après l'époque tardive à laquelle l'écriture pénétra chez les Arabes, si ce que nous avons dit des combats de poètes à la foire d'Okadh se rapporte surtout aux temps qui se rapprochent de l'Islamisme.
C'est dans le siècle qui précéda Mahomet que la poésie arabe prit son essor.
C'est alors que l'oeuvre du poète qui avait réuni tous les suffrages était écrite en lettres d'or sur une étoffe précieuse et suspendue aux portes de la Caaba (De là vinrent les expressions de poèmes suspendus ou moallakas et de poèmes dorés).
Aussi le recueil des
moallakas est-il borné à sept poèmes, dont les auteurs furent contemporains du Prophète ou du moins précédèrent de peu sa naissance." (Voyez Noël Desvergers, Arabie, p. 125-129.)

La lecture de ces poèmes ne laisse d'ailleurs aucun doute sur le degré d'exaltation inouïe auquel s'était alors élevé l'esprit guerrier, chevaleresque et enthousiaste, chez les descendants de ces Arabes que Strabon représentait encore quelques siècles auparavant, soit comme des négociants enrichis, soit comme des pasteurs adonnés à l'élève de nombreux troupeaux.

Piétrement 1882

 

 


Ainsi, pendant que l'Arabe péninsulaire perfectionnait sa langue, s'habituait aux exercices militaires et contractait un esprit guerrier, chevaleresque, enthousiaste, exalté; pendant qu'il adoptait l'usage du cheval et qu'il cherchait avec ardeur, avec passion, tous les moyens d'en améliorer la race;
en un mot, pendant que ce peuple acquérait toutes les qualités qui pouvaient en faire un instrument formidable entre les mains de celui qui saurait s'en servir, ceux de ses enfants qu'il avait envoyés fonder les royaumes de Ghassan et de Hira exploraient et exploitaient pour lui les pays dont il allait bientôt faire la conquête.

En effet, les Ghassanides, alliés et commensaux de l'empire romain, épiaient et surprenaient le secret de sa puissance déjà sur le déclin;

les Arabes de Hira, possesseurs de chevaux remarquables, et d'ailleurs en relations continuelles et des plus amicales avec toutes les provinces de la Perse, se trouvaient dans les meilleures conditions pour procurer de beaux et excellents chevaux à leurs frères de la Péninsule; et ils se préparaient à leur donner une écriture destinée à recueillir et à éterniser leurs poésies chevaleresques, et bientôt à transcrire et à répandre partout les nombreux exemplaires du Koran.

Telles furent incontestablement les circonstances qui présidèrent à l'introduction des chevaux en Arabie et les causes qui en firent adopter l'usage par les Arabes dans les premiers siècles de notre ère.

[...]

On s'expliquera parfaitement la prédominance presque exclusive du sang aryen chez les chevaux de la péninsule Arabique, si l'on considère qu'ils sont en majeure partie les descendants d'ancêtres amenés du royaume de Hira, c'est à dire de la vallée du Tigre et de l'Euphrate, dont la population chevaline était déjà aryanisée sous les Sargonides et même sous la dynastie qui les a précédés sur le trône d'Assyrie, (..). hac2bb

Piétrement 1882

Pour approfondissement:
Denis Bogros : LES CHEVAUX DES ARABES, Livre I de
"L'ARABE premier cheval de sang", Nicole de Blomac - Denis Bogros, Ed. Crépin Leblond, 1978
http://www.miscellanées.com/b/bogros08.htm

Voir en particulier concernant l'histoire, l'introduction possible du cheval dans l'Arabie du sud

au Yemen à partir de l'Abyssinie
dans l'Oman à partir de la Perse

 

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suite de l'histoire du cheval en Arabie e1

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