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détail du "cratère de Vix" (à p.de. photo Wiki. comm.)


 
   

Schleswiger (les plus beaux chevaux, s. R. Glyn)


détail du mausolée de Glanum

(à p.de ph. wiki comm.)

LES RACES CHEVALINES ASIATIQUES ET EUROPEENNES EN OCCIDENT (chap. XI) (suite)

vers haute antiquité hac9b

Quant à la présence d'un certain nombre de chevaux germaniques et de chevaux belges en dehors de leurs aires géographiques naturelles, il est facile de l'expliquer en quelques mots.
[...]

" Dans les maremmes de la Toscane vit à l'état demi sauvage une population chevaline assez nombreuse, puisque, d'après le dernier recensement , il existe dans les provinces de Florence, de Pise, de Sienne, de Grossetto, de quinze à vingt-quatre chevaux par kilomètre carré.
Dans cette partie centrale de l'Italie domine le cheval appelé maremmano, dont les caractères spécifiques sont exactement ceux de la race
germanique. " (Sanson, Zootechnie, t.III, p.81).t.germanique

Pour se rendre compte de la présence de ces chevaux de race germanique dans cette région, il suffit de se rappeler qu'elle fut à diverses reprises envahie et occupée par des peuples d'origine tudesque.

Elle fut traversée par les Wisigoths d'Alaric (410-411); elle fut successivement occupée par les Hérules d'Odoacre (476-491) et par les Ostrogoths de Théodoric (489-554); enfin elle fut envahie par les Lombards d'Alboin, qui s'y établirent en 568 et qui n'en furent jamais dépossédés.

L'existence de chevaux germains au milieu des chevaux asiatiques en Espagne et dans le sud de la France s'explique également par les conquêtes des peuples tudesques qui détruisirent l'empire romain; et le chapitre suivant montrera le même fait se reproduisant dans les Etats Barbaresques.

"Les monuments de l'art antique, dans la Rome des Césars, ceux de l'art roman, nous indiquent le rôle considérable qu'a dû jouer, après la guerre des Gaules, la race des chevaux belges.
C'est son type
(Les chevaux du type belge se distinguent surtout par leur tête qui ressemble à celle du rhinocéros), en effet, que la scuplture a reproduit à peu près invariablement sur ces monuments.
Les chevaliers romains l'avaient tiré de la Gaule Belgique, vraisemblablement à cause de sa forte corpulence.
Les guerriers franks, à la chute du monde romain, le firent sans doute aussi descendre de son pays vers le midi.
Toujours est-il qu'on le retrouve dans l'île de Camargue et jusqu'en Italie, et que les bas-reliefs de ces époques, ainsi que les effigies des médailles et des monnaies trouvées sur le sol des Gaules, n'en représentent pas d'autre.
(Sanson, Zootechnie, t.III, p.93).

A l'appui des judicieuses remarques de M. Sanson, nous pouvons d'ailleurs citer ce passage de Strabon (IV,IV, 2-3):

" Les Gaulois n'en sont pas moins par nature tous d'excellents soldats, supérieurs seulement comme cavaliers à ce qu'ils sont comme fantassins, et, en effet, à l'heure qu'il est, c'est de chez eux que les Romains tirent leurs meilleure cavalerie.
On remarque aussi qu'ils sont plus belliqueux à proportion qu'ils sont plus avancés vers le nord et plus voisins de l'Océan.
A ce titre, le premier rang, dit-on appartient aux Belges, confédération de quinze peuples répandus le long de l'Océan entre le Rhin et la Loire, et assez vaillants en effet pour avoir pu à eux seuls arrêter l'
invasion germanique, j'entends celle des Cimbres et des Teutons. "

La nation belge des Trévires est précisément celle dont César dit dans la Guerre des Gaules, V, 3:

" Cette nation est de beaucoup la plus puissante par sa cavalerie et possède de nombreuses troupes à pied; elle habite, comme nous l'avons dit plus haut, les bords du Rhin. "

Comme les bons cavaliers font généralement les bons chevaux, ceux des Belges devaient être les meilleurs chevaux de guerre de la Gaule à l'époque de la domination romaine, et c'était une raison de plus pour qu'ils fussent recherchés par les Romains.

Piétrement 1882



urne cinéraire (république romaine) (BM)


*

revers de monnaie Trinovantes
(peuple breton insulaire allié aux Catuvellani ditigés par Cassivellaum, ph.wiki.)

* N.B: le paragraphe ci-contre
(encadré en bleu) est déplacé du chapitre IV §4


Il nous reste, pour terminer ce chapitre, à rappeler encore quelques-uns des très nombreux documents que l'on possède sur les anciennes cavaleries de la
Bretagne, de la Gaule, de la Germanie, de l'Italie, de la Sicile et de l'Espagne ou Ibérie.

Le passage suivant ne laisse aucun doute sur l'importance de la
cavalerie dans l'île de Bretagne:
"Cassivellaum, comme nous l'avons dit plus haut, désespérant de nous vaincre en bataille rangée, renvoya la plus grande partie de ses troupes, ne garda guère que quatre mille hommes montés sur des chars, et se borna à observer notre marche, se tenant à quelque distance de notre route, se cachant dans les lieux de difficie accès et dans les bois, faisant retirer dans les forêts le bétail et les habitants des pays par lesquels il savait que nous devions passer. " (César, Guerre des Gaules, V, 19)

César raconte ailleurs (IV, 33) que, fondant sur les Romains occupés à couper du grain, les Bretons

"les avaient enveloppés à la fois de leur cavalerie et de leurs chariots" (equitatu et essedis).

.

Toute la cavalerie de l'Iliade est montée sur des chars, véhicules dont l'usage dans les combats a été décrit et apprécié par César, à propos des peuples de l'île de Bretagne.

César dit en effet de ces peuples:

" Voici leur manière de combattre avec ces chariots:
D'abord ils les font courir sur tous les points en lançant des traits; et, par la seule crainte qu'inspire les chevaux et le bruit des roues, ils parviennent souvent à rompre les rangs.

Quand ils ont pénétré dans les escadrons, ils sautent à bas de leur chariots et combattent à pied.

Les conducteurs se retirent peu à peu de la mêlée et placent les chars de façon que, si les combattants sont pressés par le nombre, ils puissent aisément se replier sur eux.

C'est ainsi qu'ils réunissent dans les combats l'agilité du cavalier à la fermeté du fantassin;

et tel est l'effet de l'habitude et de leurs exercices journaliers, que, dans les pentes les plus rapides, ils savent arrêter leurs chevaux au galop, les modérer et les détourner aussitôt, courir sur le timon, se tenir ferme sur le joug, et de là s'élancer précipitamment dans leurs chars."
(César, Guerre des Gaules, IV, 33.)

Sauf l'habitude de courir sur le timon, qui aurait présenté de sérieuses difficultés sur les chars grecs et asiatiques ouverts uniquement à l'arrière, les héros d'Homère combattaient absolument comme les Bretons insulaires de César.

Piétrement

Tacite dit aussi dans la Vie d'Agricola, chap. XII, à propos des Bretons:

"Leur force est dans leur infanterie; quelques peuplades font la guerre montées sur des chars, que le plus noble conduit tandis que ses clients combattent."

Ils les montre d'ailleurs plus loin (XXXV-XXXVI) combattant les uns à pied, les autres à cheval et d'autres sur des chars.

L'usage des chars de guerre aurait même duré jusqu'au VIe siècle chez les habitants de l'île de Bretagne, suivant
Jornandès, qui dit dans son chapitre II :

"Ils combattent à cheval ou à pied, mais encore sur des chars à deux chevaux et sur des chariots armés de faux, qu'ils appellent essèdes en leur langue."

Piétrement 1882



char celtique du Pays de Galles (env. 400 avt J.C.)
reconstitution par C.FOX en 1946 à partir d'éléments trouvés dans le lac Llyn Cerrig Bach (ph. internet)

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