EPOREDO

accueil

index alphabétique

page précédente

ENSUITE

en orient

plan

page suivante

Des chevaux orientaux à la fin du XIXeme siècle

Observations de voyageurs

.

*

 

Voir www.bmlisieux.com: DUHOUSSET, Émile (1823-18..) : Notice et documents historiques sur les chevaux orientaux.- Extrait du Journal de Médecine Vétérinaire Militaire, n°7, ...

N.B.

 
HISTOIRE DE LA RACE CHEVALINE MONGOLIQUE CHEZ LES PEUPLES MONGOLIQUES DE L' ORIENT
(CHAPITRE V) ....§4 - (extraits)

En raison de ses longues études sur le cheval, de la justesse de son coup d'oeil et de son beau talent de dessinateur, M. Le colonel Duhousset s'est trouvé, pendant ses trois années de séjour en Perse, dans d'excellentes conditions pour étudier les populations chevalines de l'Asie antérieure.
Il a consigné quelques-uns des résultats de ses recherches dans une
Notice sur les chevaux orientaux, publiée en décembre 1862, dans le Ier volume du Jounal de médecine vétérinaire militaire.

M. Duhousset dit d'abord à propos des
chevaux du Nedj, région de l'Arabie qui fournit les chevaux arabes les plus renommés:

"le cheval du Nedj, est petit de taille et a les formes ramassées..... Les formes sont en harmonie parfaite; la tête petite; le front large, sillonné de veines; les yeux bien taillés et ouverts, pleins d'intelligence et de vivacité; les oreilles droites, courtes et pointues; les naseaux ouverts; les lèvres inquiètes et arrondies. Le garrot, la poitrine et l'encolure ont beaucoup de largeur; la croupe bien voûtée sans pente; la queue très fournie et portée loin du corps; etc. " (P 428-429)

M. Duhousset fait remarquer plus loin, page 431, que les chevaux de la province de Chiraz

"sont de grands arabes", et que "les turcomans en diffèrent beaucoup: ceux-ci ont probablement servi à l'ancienne cavalerie des Parthes.
Les Persans prisent beaucoup la taille du cheval; aussi emploient-ils fréquemment le turcoman, non comme cheval de guerre, mais en cérémonie, pour les transporter et les attendre à la porte des gens de distinction qu'is visitent."
(Note: M. Duhousset dit aussi ailleurs: "Les Persans, qui aiment beaucoup les grands chevaux, n'emploient cependant que ceux de petite taille dans leurs voyages et leurs chasses." (Le tour du Monde, t.VI, p.126.)

Cela explique pourquoi, lors de son arrivée à Ispahan avec l'ambassadeur français, M. de Gobineau vit

"apparaître le gouverneur, Tchérag-Aly-Khan, sur un cheval turcoman blanc, superbement harnaché." (Gobineau, Voyage en Perse, dans Le Tour du Monde, t. II, p 17.)

Monsieur Duhousset signale ensuite la tête peu élégante et les longues oreilles du cheval kurde, en faisant toutefois observer qu'aux environs de Soultz-Bulak, au sud du lac d'Ourmiah, il a rencontré une belle population chevaline,

"qui descend du Nedj",

c'est à dire qui est de race arabe (p 433).

Puis, après avoir donné les chevaux du Louristan, du Beloutchistan et de l'Afghanistan comme peu gracieux et paraîssant tenir de l'arabe et du turcoman, il ajoute:

"En remontant vers le nord, nous rencontrons le cheval turcoman, qui, pour beaucoup de personnes, est le type du cheval persan.
Il n'est cependant pas très répandu dans le centre ni dans le sud de la Perse; on n'en voit pas dans l'ouest.

C'est un cheval médiocre pour les montagnes
v.+bas aussi réserve-t-on tous se moyens pour franchir une longue plaine....

Sa tête est légèrement busquée; ses oreilles assez longues, mobiles et sèches, donnent de l'inquiétude à sa physionomie....
Le corps du turcoman est long, sa poitrine profonde et un peu serrée.... l'attache de la queue est peu vigoureuse...., les jambes minces....

C'est dans les déserts, à l'est de la mer Caspienne, qu'il faut étudier les chevaux turcomans.
Le baron Bode en reconnaît trois espèces;
les
tekkés sont dits les meilleurs pour de longs voyages et des marches forcées; les goklands ainsi que les yamouds sont plus élancés et plus véloces." (P.433-434)

Enfin M. Duhousset ayant représenté presque de trois quarts la tête du cheval turcoman qui figure dans sa Notice, nous l'avons prié, sans lui faire connaître le but de notre demande, d'avoir l'obligeance de dessiner une tête de cheval turcoman vue de profil,

et cette tête avait absolument les caractères typiques des plus purs représentants de la race chevaline mongolique qu'il nous ait été permis d'étudier en Algérie.

Tels sont aussi les caractères typiques d'un cheval tekké, récemment arrivé de Samarkand à Moscou.

M.Duhousset vient de recevoir et de nous montrer, pendant la correction des épreuves de cette feuille, une photographie de ce cheval dont nous reparlerons au chapitre IX.
[....]
hac6c

chapitre IX, extrait:

En outre, quelques jours après nous avoir montré la photographie du cheval tekké cité à la page 365, pour nous mettre à même de constater jusqu'à quel point il ressemble aux chevaux des anciens monuments égyptiens, M. le colonel Duhousset a eu l'heureuse idée de calquer, sur la même feuille, la tête de ce cheval tekké et deux antiques têtes de chevaux égyptiens d'un dessin qu'il connaissait dans la collection de M. Hamy pour être un original de Prisse d'Avennes.
Ces trois têtes de chevaux sont absolument du même type, et l'identité de leurs formes est même d'autant plus frappante qu'elles sont exécutées presque à la même échelle;

car la tête du cheal tekké a 70 millimètres et les deux autres 75 millimètres.de longueur.
Or nous nous sommes assurés, dans le laboratoire d'anthropologie de M. Hamy, que le dessin sur lequel M. Duhousset a pris ces deux dernières têtes de chevaux est précisément celui que Prisse d'Avennes nous avait montré pour nous faire connaître le type dongolawi.

[. hac6c ...] les caractères typiques de chevaux du tombeau de Rekhmara sont aussi bien ceux des chevaux tekkés et dongolawi actuels que ceux de la race chevaline dont les anciens artistes égyptiens ont reproduit les traits avec plus ou moins de fidélité selon leur degré d'habileté,[...]

Piétrement 1882

Dans la notice du colonel DEHOUSSET


relever (entre autre....) cette note : (1) En langue Zend (ancien persan), Khou veut dire bon et Asp cheval d'où vient Caspienne, anciennement Caspis.

 


Dans
Quatorze mois de captivité chez les Turcomans, relation publiée dans Le Tour du monde, t.XIII, M. de Blocqueville donne des renseignements qui s'accordent parfaitement avec ceux de M. Duhousset sur les chevaux du Chiraz, du Kurdistan et du Turkestan méridional, le seul qui soit habité par les Turcomans.
M. de Blocqueville dit en effet, p 233:

"Les Curdes du Curdistan persan, remarquables par leur costume riche et varié... étaient montés sur des chevaux croisés qu'ils prétendent être de pur sang arabe...
Les
Baktiaris de la province de Chiras.. manient leurs chevaux de race arabe avec facilité." (de Blocqueville)

Il ajoute page 263:

" Dans la tribu des Tekkés, où je me trouvais, les beaux chevaux étaient assez rares, ce qui paraît la conséquence des guerres continuelles que ces nomades ont à soutenir contre leurs voisins.
" Il y a deux espèces de chevaux turcomans.
" La première, qui seule devrait être désignée sous ce nom et qu'on appelle
tekké, est-elle d'origine indigène ou a-t-elle été obtenue par des croisements?
C'est ce que je n'ai pu savoir au juste; cependant tout porte à croire au croisement.
Ces chevaux sont de moyenne taille et tiennent de la race arabe, mais ordinairement ils sont plus grands et ont la poitrine moins ouverte;
la tête est fine et bien portée; l'encolure est assez forte;
ils ont les oreilles de cerf, droites et très mobiles; l'oeil est vif et intelligent, les naseaux ouverts et le chanfrein un peu busqué, le garrot élevé, le corps bien proportionné, mais la croupe un peu déprimée;
les jambes sont plutôt longues, fines et nerveuses....
La race Tekké est dure à la fatigue, légère à la course et facile à la main.
Chez les Turcomans du territoire de Marv, elle tend à disparaître; mais on la trouve en bonne condition chez les Akals, les Fedjens, les Salors et les Saraks.
" La seconde race comprend les chevaux de haute taille du Khorassan et des tribus turcomanes situées à ses limites; il est rare de trouver dans cette race des chevaux parfaits.....
" Chez les Turcomans, on trouve aussi la race des
yorgha, chevaux moyens, trapus, à crinière épaisse et longue, excellents trotteurs, auxquels on apprend à marcher l'amble.
Ils viennent généralement du pays de Harghendy, d'où ils tirent leur nom, c'est à dire que leur race est originaire des contrées de Khiva et des Kirghis, des bords de l'Aral."
de Blocqueville Le Tour du monde, t.XIII

Enfin, voici ce que le peintre russe Vereschaguine dit à propos de la province de Karabach ou Karabagh, située au sud de la Géorgie, à l'ouest de l'extrémité méridionale de la mer Caspienne:

" A Karabach, chaque bèke (noble) a une écurie.
Tout propriétaire d'un grand nombre de chevaux possède en outre un établissement dans le genre de ceux de l'Europe, et qu'il appelle de même haras: ses bêtes sont distinguées par une marque particulière.
" Voici, du reste, l'origine des haras de Karabach telle qu'elle m'a été racontée:
" Après la mort du célèbre roi de Perse Nadir-Schah, Pana-Khan, premier khan de Karabach, eut le temps de s'emparer d'une grande partie des chevaux des écuries et des haras du roi, magnifiques chevaux, type principal de la race arabe et de la race turcomane mélangées.
Il en conserva une partie pour lui et distribua le reste à ses proches: ce furent ces chevaux de course, pur sang, qui servirent à former les premiers haras, et leur nombre augmenta considéablement avec le temps.....
" le cheval pur sang n'a presque point de crinière; sa queue est très fournie de poils; il est du reste en cela semblable au cheval turcoman, dont il n'a pas la croupe de mulet.
Par la tête et les pieds, il tient de l'arabe."
(Basile Vereschaguine, Voyage dans les provinces du Caucase, dans Le Tour du monde, t.XIX, 1869, p. 284-286.)

-

MM. de Blocqueville, Duhousset et Vereschaguine, un peintre distingué et deux connaisseurs de chevaux, déclarent donc les chevaux turcomans très différents des chevaux arabes, c'est-à-dire de ceux de la race aryenne.

M. Vereschaguine, qui avoue,
(o.c., page 286), n'être pas "un fin connaisseur de chevaux", a toutefois signalé, chez le cheval turcoman, l'un des caractères typiques de la race chevaline mongolique, la croupe de mulet, c'est à dire la croupe étroite et tranchante.

Quant à MM. de Blocqueville et Duhousset, ils signalent chez les chevaux turcomans les principaux caractères typiques de la race mongolique, notamment ceux de la tête;
et leurs renseignements, recueillis
de visu, prouvent d'ailleurs que ces chevaux ont une prédominance numérique bien marquée, presque exclusive, dans le nord de la Perse actuelle et surtout dans le midi du Turkestan: conclusion que nous avons déjà fait connaître dans les Nouveaux documents sur l'histoire du cheval, mémoire publié en 1875 dans le Recueil de médecine vétérinaire.

Piétrement 1882


Akhal-Teké
(sc. s.
les plus beaux chevaux, Horizons de France, Paris, 1972

 


Nous n'avions pas encore l'honneur de connaître
M. de Ujfalvy lors de son départ pour l'Asie centrale, en 1876; mais, le sachant d'autant plus capable de bien étudier les Equidés de cette région qu'il a été officier de cavalerie, nous lui avons fait remettre, par un ami commun, une note indiquant les principales questions à examiner, notamment en ce qui concerne les chevaux.
Ces questions ne pouvaient naturellement être que très secondaires pour M. Ujfalvy, dont le but était surtout d'étudier l'Asie centrale au point de vue anthropologique.

Du reste, le climat, la nourriture, les soins, le genre de service, influent beaucoup sur l'élévation de la taille, sur l'ampleur des formes, sur le développement du système musculaire, sur l'énergie, sur l'élégance et sur la distinction des chevaux
, (C'est ce qui explique la multiplicité des noms des prétendues races chevalines, si souvent signalées par certains voyageurs et hippologues.), tandis que, dans l'état actuel des choses, les influences de milieu ne paraissent avoir aucune action appréciable sur les formes de leurs crânes.

La forme de la tête est donc le caractère le plus certain, et à lui seul suffisant, pour déterminer avec exactitude la classification des races chevalines.

Aussi, pour simplifier les recherches de M.de Ujfalvy, lui avions-nous conseillé d'étudier avec soin les têtes de chevaux des régions qu'il se proposait de visiter, en l'avertissant que jusqu'alors on ne connaissait en Asie que deux races chevalines et des métis issus du croisement de ces deux races.
Après avoir décrit avec précision les caractères typiques des têtes des deux races asiatiques, l'une à front plat, l'autre à front bombé, nous avions ajouté:

"j'appelle la première, race aryenne, et la seconde, race mongolique ou touranienne."

En présentant à M. de Ujfalvy l'épithète touranienne comme synonyme de mongolique, nous suivions la mode d'alors avec d'autant plus de raison que M. de Ujfalvy avait donné en 1873 le titre de Migrations des Touraniens à un livre dans lequel il s'occupe des migrations des peuples mongoliques.

Il était utile d'entrer dans ces détails pour faire apprécier à leur juste valeur la signification et la portée des renseignements contenus dans la réponse de M. de Ujfalvy.

Voici cette réponse, textuellement extraite de l'ouvrage de M.
de Ujfalvy, Expédition scientifique française en Russie, en Sibérie et dans le Turkestan, t II, page 55:

" En Asie centrale, on distingue trois races de chevaux : le cheval turcoman, le cheval kirghise, le cheval karabaïr.

"Le
cheval turcoman a été mal décrit jusqu'à présent: ce n'est pas un cheval de race touranienne, comme M. Piétrement le pense, mais, au contraire, appartenant à la race aryenne.
Il se rapproche beaucoup du cheval arabe, et les exemplaires que j'ai eu l'occasion de voir étaient des types superbes.
" Le
cheval kirghise appartient, sans contredit, à la race touranienne; il en a toutes les particularités: un profil légèrement busqué ou convexe, c'est à dire un front légèrement convexe ou bombé, suivi par un chanfrein légèrement busqué.
"
Le cheval karabaïr, qui se trouve à Tachkend, à Bokhara et dans le Ferghanah, me paraît être le résultat d'un croisement entre le cheval turcoman et le cheval kirghise.
Il a les allures du cheval turcoman avec les marques distinctives du cheval kirghise. C'est la race la plus répandue dans ces contrées.
Il est haut sur jambes; il a le chanfrein presque toujours busqué. Il est ardent, mais il manque de fond.
" Un cheval kirghise coûte de 10 à 20 roubles; un karabaïr, de 20 à 150 toubles, et un vrai turcoman, 200 roubles et plus. La nourriture des chevaux (de l'orge et de la luzerne) coûte environ 15 kopeks (50 centimes) par jour.
" Les
chevaux kalmouks et nogaïs du gouvernement de Stawropol, au nord du Caucase, appartiennent également à la race touranienne.
Ce fait m'a été affirmé à Orenbourg par un connaisseur de chevaux, le colonel Léontief."-

Dans les Nouv. doc. sur l'hist. du cheval, de simples déductions nous avaient fait considérer les chevaux des Kalmouks et des Nogaïs ou Tatars du gouvernement de Stavropol comme appartenant très probablement à la race chevaline mongolique;
on voit que les renseignements de M. de Ujfalvy transforment nos présomptions en certitude, et que le cheval kirghise est également de race mongolique.

M. de Ujfalvy donne comme race distincte le cheval karabaïr, qu'il croît être le résultat du croisement des deux races chevalines asiatiques;
il suit en cela le langage usité par beaucoup d'hippologues, bien qu'on n'ait jamais vu le croisement de deux races de chevaux en produire une troisième.
Le résultat de ce croisement est toujours une population de métis, dont chacun tient plus ou moins de l'une ou de l'autre des deux races mères.
Tel est réellement l'état des chevaux karabaïrs, étudiés par M. de Ujfalvy, et c'est évidemment le sang mongolique qui prédomine presque exclusivement chez eux, puisqu'ils sont hauts sur jambes et que leur chanfrein est presque toujours busqué.
En disant que

"le cheval turcoman a été mal décrit jusqu'à présent",

M. de Ujfalvy a certainement commis une inadvertance dont l'explication est très simple.

Piétrement 1882

  M. Duhousset a bien décrit le cheval aryen, auquel il donne, comme presque tout le monde, le nom de cheval arabe.

MM de Blocqueville et Duhousset ont bien décrit le cheval mongolique auquel ils donnent, comme M. Vereschaguine, le nom de cheval turcoman, tandis que M. de Ujfalvy donne le nom de cheval turcoman au cheval aryen, dit arabe.

Cela tient à ce que les renseignements sur les noms des populations chevalines asiatiques ont été pris, par M. de Ujfalvy auprès des officiers russes en résidence dans la partie du Turkestan située au nord de l'Amou Daria ou ancien Oxus, par M. de Blocqueville dans la région du Turkestan située au sud de ce fleuve, par M. Duhousset en Perse, et par M. Vereschaguine dans les provinces situées au sud du Caucase.

Il faut seulement en conclure que la terminologie hippique est aussi peu fixe et aussi défectueuse en Orient qu'en Occident; et c'est pourquoi, n'ayant pas la prétention de changer cette terminologie dans aucun pays, mais ayant appris depuis longtemeps à nous en méfier, nous avons demandé des renseignements sur l'état actuel de la distribution des races chevalines, non pas à la terminologie hippique, mais aux caractères physiques des diverses populations chevalines du globe.

Or, l'ensemble des renseignements sur les caractères physiques des chevaux étudiés par MM de Blocqueville, Duhousset et de Ujfalvy, prouve que le sang mongolique prédomine d'une façon presque exclusive sur l'immense majorité de la population chevaline:

  dans les provinces septentrionales de la Perse actuelle, au nombre desquelles sont comprises l'ancienne Médie et l'ancienne Arménie d'où les Achéménides et les Sassanides tiraient déjà les chevaux niséens du même type;
dans tout le Turkestan ;
chez les Kalmouks et Nogaïs du gouvernement de Stavropol, situé au nord du Caucase, ainsi que chez les Kirghises, qui, suivant M. de Ujfalvy (o.c., p24), se donnent à eux-mêmes le nom de Kaïzaks ou Kazaks, prototype du mot russe Cosaques, et qui habitent au nombre de 1 300 000 à 1 400 000 la vaste contrée située entre les monts Oural, l'Irtich et l'Amou-Daria.
 

En d'autres termes, dans toutes celles des régions de l'Asie centrale et occidentale où prédomine actuellement la race humaine mongolique et où les caractères typiques des chevaux ont été suffisamment étudiés,
c'est la race chevaline à front bombé qui prédomine aujourd'hui, comme elle prédominait dans l'antiquité, chez les populations mongoliques de l'Arménie et de la Médie, c'est à dire les seules anciennes populations mongoliques dont le type des chevaux soit connu par des documents positifs indéniables;
car, malheureusement, on ne possède sur les chevaux des autres anciennes populations mongoliques que des renseignements insuffisants pour indiquer à eux seuls le type auquel ces chevaux appartenaient.

néanmoins ab1 [...]

.....si le cheval karabaïr "manque de fond", suivant l'expression de M. de Ujfalvy, cela doit tenir en grande partie, peut-être même eclusivement, à une étroitesse de poitrine que cet auteur ne signale pas, mais qui doit être très fréquente chez les chevaux karabaïrs, puisque c'est l'un des caractères typiques de la race mongolique et que la description de M. de Ujfalvy montre que c'est le sang mongolique qui prédomine chez presque tous les chevaux karabaïrs.

La longueur relative des paturons ou premières phalanges du cheval mongolique, nommé turcoman par M. Duhousset, explique pourquoi

"c'est un cheval médiocre pour les montagnes",

comme l'a dit cet auteur, en oubliant d'en signaler la cause. Il a d'ailleurs reconnu la justesse de cette observation lorsque nous la lui avons soumise.

Cette longueur des paturons, jointe à la longueur des canons, donnant au cheval mongolique une aptitude spéciale pour les allures relevées, cadencées, et sa taille devenant plus grande que celle du cheval aryen lorsque ces deux sortes de chevaux sont soumis aux mêmes conditions de climat et d'alimentation, on conçoit aussi que le cheval mongolique soit encore recherché comme monture de parade par les Persans, comme il l'était autrefois par les Achéménides et, tout nous autorise à le dire, par les anciens Hindous.

Il suffira, pour justifier cette dernièrre assertion, de citer le cheval à tête busquée, monté par un héros hindou, et sculpté sur un bas relief de la porte du nord (pilier de doite) du tôpe de Sanchi, dans l'Inde centrale, pilier dont nous possédons une magifique photographie, grâce à l'obligeance de M. Louis Rousselet.
Au reste, bien que les portes du tôpe de Sanchi remontent seulement aux premiers siècles du bouddhidme, les portraits de chevaux de leurs bas-reliefs
( N. Bien que nous ayons examiné à la loupe, dans la collection des photographies de M. Rousselet, les têtes des chevaux montés ou attelés des portes de Sanchi, il nous a été impossible de constater le type des têtes autres que celle qui vient d'être signalée, parce que toutes les autres sont représentées de trois quarts sur ces photographies.) sont néanmoins au nombre des plus anciens dont on puisse espérer la découverte dans l'Inde;
car, avant l'époque bouddhique, les habitants de ce pays n'employaient que la brique et le bois dans la construction de leurs monuments aujourd'hui disparus;
et les portes du tôpe de Sanchi présentent même encore une fidèle imitation en pierre des anciennes constructions en bois, comme on peut s'en assurer en consultant le texte et les gravures de
l'Inde des Rajahs de M. Louis Rousselet dans le Tour du Monde, t XXVI, pages 283 à 291.

Piétrement 1882

* chevaux pâturanr près de Songköl, Kirghizstan, ph. Doron, wikimedia commons

haut

plan

accueil