EPOREDO

accueil

index alphabétique

page précédente

HAUTE ANTIQUITE

Origines du cheval aryen

Type des anciens Aryas


plan

page suivante

 

LES ARYAS PRIMITIFS - PREMIERE PARTIE, CIVILISATION ET MIGRATIONS (chap III) - § 7

Le type arya et les blonds aryanisés.

Nous aurons à suivre partout les premières migrations des peuples aryens, tant dans l'Ancien Continent que dans le Nouveau ; mais nous n'aurons pas, bien entendu, à montrer quels étaient exactement les pays occupés, régis par ces peuples aux diverses périodes de leur histoire.
Le domaine aryen a naturellement varié d'étendue et de position suivant les vicissitudes de la guerre.

D'autre part, les Aryas ayant plus ou moins mêlé leur sang avec celui des peuples conquis et de ceux qui les ont quelquefois assujettis dans la suite des temps, l'aire géographique sur laquelle la civilisation aryenne s'est répandue est actuellement occupée par une population peu homogène, composée en grande partie de métis et de quelques groupes d'hommes ayant conservé assez purs les caractères typiques des races primitives qui ont combattu pour acquérir ou recouvrer la puissance dans cette aire géographique.

Un tel état de choses s'est jusqu'à ces derniers temps opposé à ce que l'on puisse reconnaître avec certitude à quel type appartenaient les Aryas primitifs, et il a permis d'avancer les opinions les plus contradictoires sur ce sujet.

Ainsi, dans son
Histoire des Perses, t. I, p. 35, M. de Gobineau peint les Aryas conquérants de la Perse ou Iran comme des

« " hommes grands, blancs, blonds, aux yeux bleus, à l'aspect belliqueux."

Cette opinion pourra flatter l'amour propre des Germains et des individus qui, chez les autres* nations, sont issus ou se croient issus des anciens Germains conquérants des provinces de l'empire romain; mais M. de Gobineau ne donne aucune preuve à l'appui de son assertion,
et
tout semble au contraire démontrer que les Aryas primitifs étaient des hommes aux cheveux bruns.

En effet, dans l'antique
Râmâyana, Sitâ, femme de Râmatchandra, fait d'elle-même un portrait [...]

«" Mes cheveux sont fins, lisses, noirs, dit Sitâ;........ Valmiki, Ramayana, liv. VI, chap.23; t. VIII, p. 166.

Les Aryas conquérants de l'Inde étaient donc des hommes aux cheveux noirs, d'après le Râmâyana.

Piétrement 1882

 

N.B.

voyage de M. de Ujfalvy

résultats publiés en 1878 sur les Galtchas considérés comme descendants directs de anciens Aryas

bruns et brachycéphales

 
 

 


La littérature zende ne nous fait pas connaître la couleur des anciens Iraniens; [....].

Mais depuis le voyage de M. de Ujfalvy dans l'Asie centrale, nous savons au juste ce qu'étaient ces anciens Iraniens, car il en a retrouvé des débris dans le Kohistan, c'est à dire dans les hautes vallées du Zerafchane et de ses affluents supérieurs, fleuve qui, sorti du massif montagneux formé par le Pamir et l'extrémité occidentale des Monts-Célestes, se perd aujourd'hui dans les sables du Turkestan, au lieu de gagner l'Oxus, dont il était autrefois l'un des affluents septentrionaux.

En 1878, M.
de Ujfalvy a consigné les résultats de ses observations dans le volume intitulé Le Kohistan, le Ferganah et le Kouldja : C'est le premier volume de l'ouvrage intitulé Expédition scientifique française en Russîe, en Sibérie et dans le Turkestan. et M. Girard de Rialle a résumé en ces termes, dans le journal "la République française" du 16 janvier 1879, les faits relatifs à la question qui nous occupe :

" Les hautes vallées du Zerafchane et de ses affluents supérieurs sont habitées par des tribus sur lesquelles on n'avait, avant le voyage de M. de Ujfalvy, que des renseignement extrêmement incomplets.
Ces montagnards, appelés
Galtchas, qui portent aussi le nom de Tadjiks des montagnes, au lieu d'être un mélange de Tatars et d'Éraniens, comme la population du reste du Turkestan, sont des Éraniens, c'est-à-dire des Indo-Européens de race pure; la langue qu'ils parlent, est un dialecte éranien; leur complexion physique est celle d'Indo-Européens; leurs coutumes enfin ont conservé, en dépit de l'islamisme qu'ils professent, des traces nombreuses et profondes des antiques institutions de l'Éran et du mazdéisme;
c'est ainsi qu'ils ont gardé pour la pureté de la flamme un respect tout particulier, et que, contrairement aux autres Tadjiks, Persans, etc., qui n'ont point une horreur marquée pour le mensonge, ils sont restés francs et loyaux.
Enfin les mensurations anthropologiques opérées par M. de Ujfalvy, ... ont démontré qu'il existe entre les Galtchas du Kohistan, débris demeurés intacts de l'ancienne race éranienne, et les populations de l'Europe qui appartiennent le plus certainement à la famille indo-eurpéenne, d'incontestables et frappants rapports. »

Les populations de l'Europe auxquelles M. Girard de Rialle vient de faire allusion sont les descendants des vrais Celtes de la Gaule Celtique de César, c'est-à-dire en les énumérant dans l'ordre de la pureté de la race : les Savoyards de la montagne, descendants des anciens Allobroges ; les Auvergnats, descendants des anciens Arvernes; et les Bas-Bretons, descendants des anciens Armoricains.
Au reste, un crâne galtcha, rapporté par M. de Ujfalvy, a été présenté, dans la séance du 6 juin 1878 de la Société d'anthropologie, à côté d'un crâne du type savoyard de la montagne; tous les membres présents, même ceux qui sont le moins habitués aux études d'anatomie comparée, ont pu s'assurer de l'identité des formes de ces deux crânes, et M. le docteur Topinard a pu dire avec raison:

"L'Iranien des montagnes orientales du Turkestan a donc le type du Savoyard de la montagne....
Les brachycéphales celtiques étaient jusqu'ici des Aryens seulement pour la linguistique; ce sont à présent des Aryens également pour l'anthropologie.»
Bulletins de la société d'anthropologie de Paris, année 1878, p. 248 et 249.

On sait en outre aujourd'hui que de nombreux individus du type savoyard ou galtcha sont répandus en Europe depuis le Rhin et les Alpes jusqu'à la mer Noire et les monts Ourals.

Les renseignements de l'anthropologie viennent donc confirmer et compléter ceux du Râmâyana :
l
es Aryas étaient des hommes du type brachycéphale aux cheveux bruns ou noirs
comme le sont encore leurs descendants les plus purs chez les Galtchas, chez les Savoyards, chez les Auvergnats et chez les Bas-Bretons.

Piétrement 1882

N.B.:

type dolichocéphale à cheveux blonds (ou roux), considéré comme "race" distincte de la "race aryaque"

et déjà présent parmi les plus anciens Aryas (connus)...

façon de parler sans doute mais.....


Mais, à côté de cette race aryaque, une autre race a joué un rôle très important dans l'extension de la civilisation aryenne sur le globe, tant dans l'Ancien que dans le Nouveau Continent: c'est la race dolichocéphale à cheveux blonds, qui occupait déjà, depuis un temps immémorial, la Gaule Belgique à l'époque de César, et à laquelle appartiennent notamment toutes les populations germaniques.
Malgré les opinions contraires qui ont été émises,
cette race blonde ne paraît donc pas être une race aryaque, mais seulement une race aryanisée.

II reste a déterminer à quelle époque ont été aryanisés les premiers représentants de cette race blonde qui ont adopté la civilisanon aryenne; et il nous paraît certain que cette époque est antérieure à celle des premières grandes conquêtes et migrations des Aryas; ou, en d'autres termes, que
dès l'époque de leur séjour dans l'Airyana vaedja les Aryas ne constituaient déjà plus un peuple de race pure, qu'ils avaient déjà admis parmi eux des hommes de race blonde. [....]

La Loi de Manou (IV, 130) défend à tous les Brahmanes de traverser l'ombre "d'un homme à cheveux roux " ; et la même Loi (III, 8) défend à tous les Dwidjas, ou hommes des trois classes supérieures, d'épouser des filles « ayant les cheveux rougeâtres ».

Le premier de ces faits dénote qu'au milieu des Aryo-Hindous il existait déjà des hommes d'un blond plus ou moins rutilant, et le second fait indique que ces hommes blonds n'avaient pas eu assez d'influence pour obtenir l'égalité dans la loi.
On ne saurait objecter qu'il s'agit là d'hommes à cheveux roux et non à cheveux blonds;
car, dans l'antiquité comme aujourd'hui, la couleur des cheveux variait du blond plus ou moins pâle au blond plus ou moins roux, chez les populations de race germanique;
la lecture des anciens auteurs grecs et latins ne laisse aucun doute à cet égard.

Ainsi, par exemple,
Diodore (V, 32) dit à propos des prétendus Gaulois qui habitaient au-dessus de la Celtique, le long de l'Océan, la forêt Hercynienne et toutes les contrées qui s'étendaient de là jusqu'à la Scythie, c'est-à-dire à propos des nations germaniques :

" Non seulement leurs cheveux sont naturellement blonds, mais ils réhaussent cette couleur par les moyens artificiels: ils les lavent fréquemment avec une lessive de chaux;"

et Tacite {Germanie, IV) dit que les Germains ont les cheveux roux (comae rutilae).
L'expression de Tacite correspond parfaitement à celle de la
Loi de Manou; car on sait par Aulu-Gelle (Nuits attiques, II, 26) que le mot rutilus et son synonyme phœniceus

« désignent le rouge le plus brillant et le plus vif, tel que celui, qui éclate sur les fruits du palmier avant leur parfaite maturité. »

Au reste, en raison du peu de précision de la plupart des mots usités par les peuples anciens et modernes pour désigner les couleurs, on obtiendra des renseignements plus exacts sur les différentes teintes de cheveux des anciennes populations germaniques et autres par l'étude de leurs représentants actuels, que par des dissertations philologiques sur la valeur exacte des mots en question.

Il existait donc réellement des hommes de
race blonde au milieu des Hindous, dès l'époque de la rédaction de la Loi de Manou; et leurs ancêtres devaient être arrivés dans l'Inde avec les Aryas;
car, parmi les peuples ennemis que ces derniers rencontrèrent dans cette contrée, le
Véda ne signale point d'hommes blonds ou roux, mais uniquement des hommes a peau jaune, c'est-à-dire de race mongolique, et des hommes à peau noire, c'est-à-dire de race australienne ou nigritique : fait sur lequel nous reviendrons mongolhab1.

Piétrement 1882

 
Non seulement Hector avait les cheveux noirs, et son frère Pâris, issu du même père et de la même mère, avait les cheveux blonds; mais Homère nous montre des hommes à cheveux noirs et des hommes à cheveux blonds, aussi bien parmi les héros grecs que parmi les héros asiatiques de la guerre de Troie : ce qui indique la présence et l'égalité politique des deux races, la brune et la blonde, chez les peuples aryens de l'Asie Mineure et de la Grèce, dès les temps héroïques.

Les portraits qu'Homère fait de Vénus, d'Hélène et autres héroïnes, prouvent également que ces peuples n'avaient point les mêmes préventions que les législateurs hindous contre la race blonde.


Hérodote nous apprend (IV, 197) que les Maxyes de la Libye se disaient issus des Troyens, et l'on sait que ces Maxyes étaient les Maschouaschs, signalés par les textes hiéroglyphiques dès la dix-septième dynastie égyptienne, et représentés sur les monuments de la dix-huitième dynastie comme des hommes à peau blanche et à cheveux, chez les uns bruns, chez d'autres blonds et chez d'autres roux, ainsi qu'on le verra hac10

Lucrèce, femme de Tarquin Collatin, avait les cheveux blonds .
Ovide, Fastes, liv. I, vers 753.
L'empereur Néron, aux yeux bleus et aux cheveux blonds, appartenait à la famille des Aenobarbus, ou à la
barbe couleur d'airain, ainsi nommée à cause de la barbe rousse de son fondateur, qui était contemporain de la guerre des Romains contre les Tarquins, et dont la plupart des descendants eurent comme lui la barbe rousse. Plutarque, Paul-Emile, 25; et Suétone, Néron, l et 51.

L'antiquité de la présence des hommes blonds et des hommes roux dans les anciennes populations latines est en outre prouvée par l'antiquité des noms purement latins, Flavus et Flavius
(blond), Fulvius (fauve), Rufus (roux), Rutilus et Rutilius (roux); car Rufus était un surnom commun dans plusieurs familles de l'ancienne Rome, telles que celles des Rutilius, des Cornélius, des Minutius, des Curtius; et un Flavus avait été consul dès l'an 506 avant notre ère, trois ans après l'expulsion des Tarquins.
Or les premiers Latins qui ont porté des noms correspondant aux noms français Leblond, Leroux, Rousseau étaient évidemment des hommes blonds et des hommes roux.

La question de l'existence des hommes blonds en Perse était peu connue en France quand nous l'avons élucidée en 1879, au moyen de documents positifs, fournis à notre ami M. Léon Rodet par le médecin persan Mirzà Mohammed . Voyez Piétrement, Sur l'existence des hommes blonds en Perse, dans les Bull. de la Soc. d'antkrop. de Paris, année 1879, p. 406-4,08.

Il existe en Perse des individus blonds dont le type est si bien naturalisé dans le pays et tellement mélangé dans les familles avec le type brun, que le type blond reparaît souvent par atavisme chez des enfants issus de pères et de mères au type brun. On peut évaluer à 2 sur 100 en moyenne le nombre des blonds dans la population de la Perse entière ; cette proportion s'abaisse à 2 sur 1000 dans la province de Chiràz (ancienne Suziane) et augmente en conséquence vers le nord.

Enfin, tous ces hommes blonds sont réputés
devs (on se sert aujourd'hui du mot arabe sheîtans), c'est-à-dire "démons, satans, lutins, fadets"; et l'on sait que l'antique tradition iranienne place les devs dans le nord.

Ces dernières données sont venues ajouter un nouveau degré de vraisemblance à deux opinions que nous avions émises, quelques semaines auparavant, sur les
Germaniens d'Hérodote et sur la légende avestique de Tahmouras domptant Ahriman et le soumettant à ses volontés.
La présence d'hommes blonds en Perse depuis un temps immémorial autorise en effet à considérer comme une tribu d'hommes blonds aryanisés celle des Germaniens (...) , qui était, avant le règne de Cyrus, l'une des tribus soumises aux tribus perses suzeraines, au rapport d'Hérodote (I,125).
On ne saurait d'ailleurs objecter à l'assimilation que nous faisons implicitement des mots(...) et Germani, Germains, l'opinion de Mahn adoptée dans le Dictionnaire de la langue française de Littré, et suivant laquelle les mots Germani et Germains seraient dérivés du celtique;
car nous avons prouvé ailleurs que cette opinion est erronée, et que les mots
Germani et Germains sont incontestablement d'origine tudesque. voy Piétrement, Sur les mots Germains, Germani et (....), dans les Bull. de Soc. d'anthrop. de Paris, 1880, p 196-206
Quant au nom de
sheîtans, anciennement devs, ou démons, appliqué par les Perses ou Iraniens aux hommes blonds qui vivent au milieu d'eux, il achève de nous convaincre que la légende de Tahmouras et d'Ahriman, rapportée aux yeshts XV, 10-13, et XIX, 29, est une allusion métaphorique à la soumission, à l'aryanisation d'un groupe d'hommes blonds par les Aryas primitifs, dès l'époque de l'unité aryenne, puisque Tahmouras est le pédécesseur de Yima, l'inventeur de l'agriculture, et que Ahriman, dompté et soumis par Tahmouras dans cette légende, est le chef des devs ou démons.

Du reste, qu'on admette ou non ces opinions sur les Germaniens d'Hérodote et sur la légende de Tahmouras soumettant Arhiman, il n'en restera pas moins certain que, dès l'antiquité, il existait des hommes blonds au milieu des populations aryennes brunes de l'Inde, de l'Asie Mineure, de la Grèce, du nord de l'Afrique et de l'Italie.


C'est là un fait considérable, qui s'expliquerait difficilement si l'on n'admettait pas que les Aryas se sont associés, dès l'époque de l'unité, soit par la force des armes, soit par l'attrait de leur civilisation, une notable quantité d'hommes blonds qui leur ont fourni des contingents, qui les ont suivis dans toutes leurs migrations; ce qui ne justifie pas complètement l'assertion précitée du comte de Gobineau.


Cette donnée sur la composition du peuple aryen, avant le début de ses migrations, paraît à elle seule suffisante pour expliquer ce que l'histoire et l'anthropologie savent aujourd'hui sur l'état ancien et sur l'état actuel des rameaux aryens.

Mais il est possible que des découvertes ultérieures finissent par montrer que la composition du peuple aryen primitif était plus complexe; car les races humaines sont assez anciennes pour que plusieurs d'entre elles aient pu concourir à former le peuple aryen avant que celui-ci soit devenu assez puissant pour commencer à répandre sa civilisation en dehors de sa première patrie

Piétrement 1882

haut

accueil

plan