EPOREDO

accueil

index alphabétique

page précédente

HAUTE ANTIQUITE

cheval et peuples aryens d'orient

Grèce
utilisations - production:
cheval attelé, monté, combats, courses, jeux
et vie quotidienne


plan

page suivante


cavalier ép. archaïque, env. 6eme s.(Musée du Louvre)


figurine archaïque en cuivre trouvée à Dodone, (Musée nat. d'Athènes)

Les peuples aryens et leurs chevaux en Asie Mineure et en Grèce (chapIV,§ 4)

Chez des peuples aussi habiles que les Grecs des temps héroïques et les peuples aryens d'Asie Mineure à diriger les chars dans les combats et dans les courses, il devait nécessairement exister des hommes capables de monter les chevaux.
On en trouve une première preuve dans Homère et dans Hésiode, qui florissaient tous les deux au Xeme siècle avant notre ère; c'est du moins la date qui est donnée par Hérodote (II, 53) et qui paraît la plus vraisemblable.

Homère montre, par la comparaison suivante, à quel degré d'habileté étaient parvenus les cavaliers de son temps:

" Tel un habile cavalier, réunissant de front quatre chevaux, les pousse à travers la plaine, vers la grande ville, en suivant la voie publique; les hommes, les femmes accourent en foule et l'admirent; sans s'arrêter et sans hésiter, il saute, et, tandis que ses coursiers volent, il passe légèrement de l'un à l'autre: ainsi le fils de Télamon parcourt à grands pas le tillac des vaisseaux légers." (Iliade, XV, p 221-222)

Il représente ailleurs Ulysse et Diomède s'enfuyant au galop, montés sur les chevaux de Rhésos qu'ils viennent de voler. (Iliade X, p144).
Adraste, roi d'Argos, contemporain d'Hercule, ayant eu son char brisé dans un combat, ne dut son salut qu'à son cheval Arion, ce qui signifie clairement qu'il monta sur ce cheval pour se sauver.

Hésiode fait aussi remonter l'
art de monter à cheval au moins jusqu'à l'époque d'Hercule; car, après avoir fait la description de différentes scènes représentées sur le bouclier de ce héros, il décrit ainsi une autre scène également sculptée sur ce bouclier:

"Auprès, était une ville aux belles tours et aux sept portes d'or bien ajustées sur leurs portants. Les hommes s'y réjouissaient par les festins et les danses. Ils conduisaient, sur un char bien construit, une jeune femme à son mari; et de tous côtés on chantait Hyménaios; et dans les mains des servantes la splendeur des torches les précédait, et les choeurs dansants les suivaient... Et les festins et les danses emplissaient toute la ville, et des cavaliers couraient autour sur le dos des chevaux."(Hésiode, Le bouclier de Héraklès, p 47)))

On va du reste voir les courses de chevaux montés en usage dès l'époque d'Hercule.

Homère a montré plus haut Nestor prenant part à des courses de chars dans sa jeunesse, et Nélée, père de Nestor, envoyant ses chevaux chez les Epéens ou Eléens pour y disputer le trépied, c'est-à-dire pour concourir à une course de chars, donnée par Augéas, à Elis sa capitale (Strabon, VIII,III,30))

Pindare, Diodore et Pausanias nous ont même fait connaître ....des courses de chars un peu plus anciennes: celles auxquelles se livrèrent Oenomaüs, roi de Pise en Elide, et Pélops, fils du roi de Lydie.
Pausanias dit en outre dans sa description du coffre précité de Cypsélus:

"Non loin de la maison d'Amphiaraüs (représentée sur ce coffre), on voit les jeux qui furent célébrés à la mort de Pélias, ....
Pisus, fils de Périérès, Astérion, fils de Cométès, qui fut aussi, à ce qu'on dit, l'un des Argonautes, Pollux, Admète, et Euphémus, fils de Neptune, suivant les poètes, et l'un des compagnons de Jason dans l'expédition contre Colchos, conduisent chacun un
char à deux chevaux, et c'est Euphèmus qui a remporté le prix "(Pausanias, Descr de la Gr V, 17; tIII, 128.)

Cet autre récit de Pausanias représente même les courses de chars usitées en Arcadie bien avant l'époque d'Hercule, fils d'Amphitryon:

"Arcas, fils de Calisto, monta sur le trône..... le pays prit sous son règne le nom d'Arcadie, au lieu de Pélasgie qu'elle portait précédemment, et les Pélasges prirent le nom d'Arcadiens..... (Pausanias, descr de la Grèce, VIII,4: t.IV, p 256).......

-

"" Les premiers jeux funèbres qui aient été célébrés le furent à la mort d'Azan, fils d'Arcas; je ne sais pas s'il y eut d'autres prix; mais je sais tout au moins qu'il y en eut pour la course des chars."(Pausanias, Desc de la Grèce, VIII,4; t. IV, p.259)

Enfin Pausanias fournit d'autres renseignements très intéressants sur l'antiquité de l'usage des courses de char et des courses à cheval, en racontant l'histoire des jeux olympiques, qui étaient les plus anciens et les plus célèbres de tous les jeux sacrés de la Grèce.[....]

...les traditions sur les jeux olympiques ne sont pas les seules qui font remonter l'usage des courses de chars et celles des chevaux montés jusqu'à l'époque d'Hercule fils d'Amphitryon. [....]

Clavier l'a déjà fait remarquer dans les notes de sa traduction de Pausanias, tome VI, pages 61-62 :

"Dion Chrysostome (Corinthiens, tome II, p.107) dit que ces jeux (les isthmiques) furent institués par Neptune et par le Soleil, qui les firent célébrer de concert la première fois. Ceux qui y remportèrent le prix furent... Orphée pour la cithare, Hercules pour le pancrace, Pollux pour le pugilat.... Il y eut aussi des prix pour les courses de chevaux: Phaéton fut vainqueur à la course à cheval, et Nélée à celle des chars à quatre chevaux."

Piétrement 1882


applique de vase grec ou d'Italie du Sud
entre 6eme et 3eme s. (Lo)

 


D'autres renseignements sur les courses des Grecs vont prouver que ce peuple savait produire des
chevaux doués des qualités les plus utiles pour le service de guerre.

Les courses d'Oenomaüs et des prétendants à la main de sa fille montrent d'abord que leurs chevaux avaient beaucoup de fond, étaient capables de supporter de longues fatigues: car, on l'a vu ..., la distance à parcourir était celle de Pise au temple de Neptune, situé dans l'isthme de Corinthe; et cette distance dépassait cent vingt kilomètres, puisq'il y a cent vingt kilomètres à vol d'oiseau de l'isthme de Corinthe aux ruines d'Olympie, ville qui avait été bâtie sur l'emplacement de Pise.

L'usage des courses de fond, exécutées en dehors des jeux sacrés, persista d'ailleurs pendant fort longtemps en Grèce. Diodore en fournit un exemple postérieur d'environ dix siècles à l'époque d'Oenomaüs. [...]

Pindare dit que les concurrents tournaient douze fois autour de la borne et parcouraient douze fois toute l'étendue du cirque aux jeux équestres d'Olympie, de Delphes ou Pytho, et de l'isthme de Corinthe (voyez Pindare, IIe, IIIe et VIe Olympiques, et Ve Pythique; p. 11, 17, 27, et 107 de la traduction Poyard.); et il devait en être ainsi aux fêtes de Némée. Par cette simple indication, ce poète nous apprend que les chevaux grecs possédaient aussi des qualités encore plus désirables, pour des chevaux de guerre, que la résistance aux longues fatigues qui vient d'être constatée.

En effet, la piste de l'hippodrome quadrangulaire d'Olympie avait environ 740 mètres, ce qu'il ne donnait qu'environ neuf kilomètres pour les douze tours. La distance à parcourir dans les luttes olympiques, aussi bien pour les chevaux montés que pour les chevaux attelés, n'était donc pas tout à fait un tiers plus grande que celle qui est parcourue dans les plus longues courses exécutées sur nos hippodromes.
Aussi la principale difficulté des courses sur les hippodromes grecs consistait-elle à tourner douze fois autour de la borne et à changer quarante-huit fois de direction aux coins d'hippodromes très restreints.


Pour exécuter convenablement de pareils exercices, il fallait des chevaux très dociles, très maniables, très bien dressés, et surtout doués d'une grande souplesse naturelle; ou, en d'autres termes, la science de la production et de l'élevage avait pour but et pour résultat, chez les Grecs, de produire des chevaux possédant au dernier point les qualités qui sont indispensables pour le service de guerre [....]

Quoique de toute antiquité la Grèce ait possédé des hommes également habiles à monter les chevaux et à conduire les chars, Homère ne montre pas un seul héros combattant à cheval sous les murs de Troie. Toute la cavalerie de l'Iliade est montée sur des chars, [...]lien antiquité retour

Ces héros, comme plus tard les Parthes et de nos jours les Arabes, avaient d'ailleurs en égale estime la vivacité de l'attaque et la rapidité de la retraite, comme achèvera de le montrer le passage suivant, dans lequel Diomède dit à Nestor:

"Monte sur mon char, tu sauras ce qu'est la race des coursiers de Tros, aussi prompts dans la plaine à poursuivre l'ennemi qu'à lui échapper. J'ai pris un jour à Enée ces arbitres de la fuite." (Iliade, VIII, p.106)

La seule mention d'un char de guerre à quatre chevaux que nous ayons rencontrée dans l'Iliade est celle du char d'Hector.
Deux fois seulement, nous y avons constaté la présence d'un
troisième cheval de volée, et chaque fois la mort de ce cheval a failli causer la perte du guerrier; on se rappelle qu'il s'agit du char de Nestor et du char d'Achille monté par Patrocle.

Tous les autres chars de guerre mentionnés dans l'Iliade, et ils sont nombreux, sont
attelés de deux chevaux, même celui d'Achille allant venger la mort de Patrocle; ce qui prouve bien que c'était là le mode d'attelage habituel des chars de guerre, chez les Grecs et chez les peuples aryens d'Asie Mineure, dans les temps héroïques.

Piétrement 188


bige, (Musée du Louvre)

 

Les textes précédents nous ont déjà largement éclairés sur l'utilisation des chevaux par les Grecs des temps héroïques.

Grâce à l'Iliade -dont le texte est d'ailleurs disponible sur
http://www.Kulturica.com- nous les avons suivis au combat.

Dans les extraits ci-dessus, nous avons abordé l'utilisation civile et déjà vu que les courses y avaient leur place (du moins le genre de place qui se prète le mieux à faire l'objet d'un rapport)........ à l'occasion en particulier de "jeux" organisés dans de grandes occasions telles que les funérailles des héros...

Il est dit que Pausanias a raconté l'histoire des jeux olympiques
Les courses s'inséraient dans ces jeux :

ci-dessous : principaux extraits de ce que nous en donne Piétrement:

.
quadrige triomphal : offrande votive à Athena: (BM)
la "victoire ailée" va couronner le conducteur du char

 

.

"Les Eléens, qui veulent remonter à ce qu'il y a de plus ancien, disent, au sujet des jeux olympiques, que Cronus fut le premier qui règna dans le ciel, et que les hommes de ces temps-là, nommés la race d'Or, lui érigèrent un temple à Olympie.
Jupiter étant venu au monde, Rhéa le donna en garde aux Dactyles, qui sont aussi connus sous le nom de Curètes; ils étaient venus du mont Ida de l'île de Crète, et on les nommait Hercules, Poeonoeus, Epimèdes, Iasius et Idas. Hercules, qui était l'ainé, proposa en s'amusant, à ses frères, de s'exercer à la course, en disant qu'il couronnerait le vainqueur avec une branche d'olivier sauvage.... L'honneur de la première institution des jeux olympiques appartient donc à Hercules Idæen, et ce fut lui qui donna ce nom; il ordonna qu'onl es célébrât tous les cinq ans parce qu'ils étaient cinq frères ."
(Pausanias, Desc de la Grèce, V,7; t.III,p.47-48).......
"Dans la suite des temps, environ cinquante ans après le déluge de Deucalion, Clyménus, fils de Cardys, et descendant d'Hercules, Idæen, étant venu de l'île de Crète dans la Grèce, fit célébrer les jeux à Olympie, et érigea, dit-on, un autel aux Curètes et particulièrement à Hercules, l'un de ses ancêtres; il donna à cet Hercules le nom de Paradaste.
Endymion, fils d'Aethlius, détrôna Clyménus, et proposa ensuite à Olympie son royaume, pour prix de la course, à ses trois fils.
Une génération s'était à peine écoulée, quand Pélops fit célébrer des jeux en l'honneur de Jupiter Olympien avec plus de solennité que tous ceux qui l'avaient précédé.
Les fils de Pélops ayant abandonné l'Elide pour se disperser en divers lieux du Péloponnèse, Amythaon, fils de Créthéus et cousin germain d'Endymion du côté de son père (car on dit qu'Aëthlius était aussi fils d'Æolus, quoiqu'il passât pour fils de Jupiter), fit célébrer les jeux olympiques;
après lui, Pélias et Nélée donnèrent la même fête à frais commun; ces jeux furent aussi célébrés par Augéas et ensuite par Hercules, fils d'Amphitryon, lorsqu'il eut pris Elis.
Iolas y remporta le prix de la course des chars avec les chevaux d'Hercules; car anciennement il avait permis de concourir avec les chevaux des autres, et nous voyons dans Homère qu'aux jeux qui furent célébrés pour les funérailles de Patrocle, Ménélas attela Æthé, jument d'Agamemnon, avec un de ses propres chevaux.
Iolas, au reste, conduisait ordinairement le char d'Hercules; il eut donc le prix de la
course des chars, et Iasius Arcadien, celui de la course à cheval.... Oxylus fit aussi célébrer ces jeux;
mais ils furent interrompus après lui jusqu'à Iphitus, qui les rétablit, comme je l'ai déjà dit.
"(Pausanias, Desc de la Grèce, V,8; t.III p51-52))

Pausanias raconte ailleurs qu'à Tégée en Arcadie, sur l'un des deux cippes de la place publique, on voyait encore de son temps la statue de cette Arcadien,

"Iasius auprès de son cheval, tenant dans sa main droite une branche de palmier."(Pausanias, Desc de la Grèce, VIII,48; t, IV, p 543)

D'après les calculs de Fréret, dans les Recherches sur la chronologie de l'histoire de la Lydie (Voyez Mém.de l'Acad.des inscript., tome V, 1729, p 300-302 et 314), c'est en l'an 1326 avant notre ère que les jeux olympiques furent rétablis par Hercule, fils d'Amphitryon.

On vient de voir qu'ils furent de nouveau interrompus après le règne d'Oxylus, lequel fut l'un des chefs qui aidèrent les Héraclides à reconquérir le Péloponnèse et qui s'y installèrent à côté d'eux (Strabon, VIII, III, 33, et VIII, VIII, 5), quatre-vingt-dix ans après la prise de Troie, c'est-à-dire vers l'an 1190.

Ce n'est qu'en l'année 884 qu'Iphitus, descendant d'Oxylus, rétablit définitivement ces jeux, sur l'avis de l'oracle de Delphes et par les conseils de Lycurgue, pour essayer de faire cesser les divisions intestines qui désolaient la Grèce.

Depuis lors, on célébra constamment tous les quatre ans ces fêtes sacrées, qui duraient encore au troisième siècle après Jésus-Christ. Mais c'est seulement en l'an 776 avant notre ère que l'on commença d'inscrire les noms des vainqueurs sur un registre; et c'est pourquoi cette dernière date a été adoptée par les Grecs comme le point de départ de leur ère dite des Olympiades, dont la première année correspond en effet à l'an 776 avant Jésus-Christ.

Du reste, le rétablissement des jeux olympiques par Iphitus ne comporta pas d'abord tous les exercices gymniques ni surtout équestres qu'on y avait vus figurer autrefois; plusieurs d'entre eux ne furent rétablis que successivement, à des dates qui sont indiquées par Pausanias et dont nous citerons celles qui se rapportent à l'histoire du cheval.

" A la vingt-cinquième olympiade, on admit parmi les jeux la course des chars attelés de chevaux ayant acquis toute leur force, et Pagondas le Thébain y fut victorieux. Le pancrace et la course à cheval furent mis au nombre des jeux en la trente-troisième olympiade; le cheval de Crauxidas, Cranonien, passsa tous les autres.... La Synoris, ou course de deux forts chevaux attelés à un char, fut instituée en la quatre-vingt-treizième olympiade, et le prix remporté par Evagoras, Eléen. On imagina, dans la quatre-vingt-dix-neuvième, d'admettre aussi au concours des chars attelés de poulains, et la couronne fut décernée à Sabariades, Lacédaemonien. Les chars attelés de deux poulains (Synoris), et les courses de poulains portant un cavalier (Célis), furent ajoutés plus tard. Bélistiché, Macédonienne du voisinage de la mer, remporta le prix de la Synoris des poulains en la cent-vingt-huitième olympiade; Tlépolème le Lycien, celui de la Célis, en la cent trente et unième ."(Pausanias, Descr de la Grèce, V, 8; t.III, p. 56

Quoique Pausanias ne le dise pas d'une façon explicite, sa narration indique clairement que c'est la course des quadriges qui fut rétablie à la vingt-cinquième olympiade.

Il suffira, pour achever de prouver ce fait, de citer la mention positive de quelques courses de chars à quatre chevaux, qui ont eu lieu avant la quatre-vingt-treizième olympiade, époque du rétablissement des courses de chars à deux chevaux, comme vient de le dire Pausanias, d'accord sur ce sujet avec Diodore, XII, 75.
[...]

Piétrement 1882


course d'apobates
aux jeux panathénaïques (institués en 566 avt J.C.)
Musée de l'antique Agora d'Athènes (ph. Giovanni Dall'Orto)


haut

page suivante

accueil

plan