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HAUTE ANTIQUITE

Origines du cheval mongolique

Cheval chez les anciens Chinois

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HISTOIRE DE LA RACE CHEVALINE MONGOLIQUE CHEZ LES PEUPLES MONGOLIQUES DE L'ORIENT (chap.v) § 2

L'histoire du cheval chez les Chinois et la première patrie des Mongols.

Certains documents, relatifs aux premiers rapports des Chinois avec les chevaux, contribueront beaucoup à faire connaître dans quelle région la civilisation mongolique a pris naissance;

[....] les Chinois, (..) placent
en tête de leur histoire Pan-kou ou Pouan-kou, l'ordonnateur du monde, à la suite duquel viennent trois grands règnes, périodes ou Houang : celui du ciel, celui de la terre, et celui de l'homme auquel succèdent dix grands cycles ou ki, pendant chacun desquels régnèrent plusieurs dynasties.

Enfin, les historiens chinois comptent, depuis Pan-kou jusqu'à la mort de Confucius, arrivée en 479 avant notre ère, un laps de temps que les plus modérés évaluent à 2 276 000 ans et que d'autres portent à 96 961 740 années. Il faut toutefois observer que l'auteur chinois Hou-chi a déjà dit:

"Je croirais volontiers que ce qui a donné lieu à l'histoire des trois Hoang, c'est qu'avant toutes choses il y a eu le ciel; la terre fut formée ensuite, et, après la terre, l'homme fut produit par les différentes combinaisons que les vapeurs les plus subtiles prirent entre elles." (Pémare, Recherches, dans Les Livres sacrés de l'Orient, p.20)

La prétendue histoire des trois Hoang semble effectivement n'être que l'exposé symbolique d'un système de cosmogonie; et un examen attentif de la partie mythique des récits relatifs aux huit premiers ki nous a également conduit à penser que la plupart de ces mythes ne se rapportent pas à des faits historiques, mais qu'ils sont la représentation emblématique des phénomènes géologiques et paléontologiques, tels que les anciens Chinois les ont conçus d'après l'étude des contrées qu'ils ont pu explorer.

[....] on sait déjà que les traditions chinoises relatives aux origines de l'humanité sont d'autant plus dignes d'attirer l'attention

"qu'elles s'éloignent davantage de celles qui sont communément reçues et qui se rattachent presque toutes à l'opinion mosaïque.
Celle-ci admet comme principe fondamental de l'antiquité du genre humain la création d'un premier homme et d'une première femme, leur perfection au sortir des mains de leur créateur, et leur chute, qui s'est étendue à tout le genre humain;
les traditions chinoises, au contraire, n'admettent pas unanimement un premier homme. ... [....] le genre humain, selon ces traditions, n'est arrivé à son état actuel que lentement et par degrés, en perdant quelques-unes de ses formes primitives. [....]"
(Pauthier, Chine, p. 26)

[....]
D'après leurs annales,
les Chinois n'abandonnèrent le séjour des cavernes qu'à la fin du 7e ki; ils ne se bâtirent des cabanes et ils n'apprirent à se servir du feu pour faire cuire leurs aliments que dans le courant du 8e ki. Mais c'est cependant en pleine période anté-historique, dans la première moitié du 9e ki, que nous voyons naître les sciences, les arts et l'industrie chez ce peuple.
En effet, pour remplacer les cordes garnies de noeuds qui tenaient lieu d'écriture à la fin du 8eme ki, Se-hoang, (...) , 1er roi du 9e ki, inventa les premiers caractères chinois ou écriture figurative; c'est du moins l'opinion de plusieurs auteurs chinois, notamment de Liu-pou-ouei, de Lo-pi, et leur opinion paraît la mieux fondée, bien que d'autres auteurs ne fassent remonter cette écriture qu'au règne de Fo-hi
(Voyez Prémare, Recherches, p 27, 32,33) Le 7e roi du 9e ki, Hien-yuen, fit battre de la monnaie de cuivre, mit en usage la balance pour juger du poids des choses; et

"il joignit ensemble deux morceaux de bois, l'un droit et l'autre en travers, afin d'honorer le Très-Haut, et c'est de là qu'il s'appela Hien-yuen. (Prémare, id, p27-29)

Avec Fo-hi ou Fou-hi, qui est le 17e roi du 9e ki et qui ouvre la seconde moitié de ce cycle, nous entrons, en l'an 3468 avant notre ère, dans les temps semi-historiques des Chinois. Ce roi travailla beaucoup sur l'astronomie, divisa le ciel en degrés, inventa la période ou cycle de 60 années encore en vigueur en Chine, et établit un calendrier pour fixer l'année. Enfin c'est lui qui apprit au peuple à faire des filets pour la pêche et pour la chasse, et à élever les six animaux domestiques, sur lesquels nous reviendrons plus loin.

Chin-nong ou Chin-noung, qui lui succéda en l'an 3218, inventa la charrue, apprit aux Chinois à cultiver les champs et à faire le vin, donna un grand essor au commerce, fit un livre sur l'art militaire, et étudia la médecine et la chimie. Il enseigna tout ce qui concerne le chanvre et le mûrier, afin qu'il y eût des toiles et des étoffes de soie en abondance dans ses Etats.
Enfin, il mesura la terre et la trouva aplatie aux pôles, ce qui n'a été constaté par les Européens que dans le siècle dernier.
(Pauthier, Chine, p.26, 200.)

Les descendants de Chin-nong occupent tout le reste du 9e cycle, qui finit en l'an 2637 avant notre ère; date incontestable, à partir de laquelle la chronologie chinoise présente tous les caractères de la plus entière certitude.

Quant à la date de 3468 assignée à l'avènement de Fo-hi, et à la date de 3218 attribuée à l'avènement de Chin-nong,[...], on peut les adopter provisoirement comme dates minimum. Mais il est probable que les dates [...] des périodes historiques qu'ils personnifient, devront être notablement reculées dans le passé. [...] Chi-tse, Liu-pou-ouei et Lo-pi, regardent comme incontestable que la dynastie de Chin-nong a eu soixante-dix empereurs, lesquels régnèrent pendant une période sur la durée de laquelle on n'est pas parfaitement d'accord, mais qui doit être évaluée à une vingtaine de siècles;
ce qui placerait l'avènement de Fo-hi entre 5000 et 6000 ans avant notre ère.

Quoi qu'il en soit, la dynastie de Chin-nong se termina lors de l'avènement de Tchi-Yeou, [...]

C'est (..) le règne de Hoang-ti qui ouvre, en l'an 2698 avant notre ère, les temps véritablement historiques des Chinois, et c'est à la 61e année de son règne, c'est-à-dire en l'an 2637, que commence le 10e cycle qui dure encore actuellement.

Dans sa guerre contre Tchi-Yeou, Hoang-ti se dirigeait au moyen d'un
char magnétique indiquant le sud, c'est à dire d'une boussole ("On le nommait Tchi-nan-tche, c'est à dire chariot qui montre le midi; et c'est le nom que les Chinois donnent à présent à la boussole." (Livres sacrés de l'Orient, page 122, en note.) - voyez aussi Pauthier, Chine, p 28, 87; et le père Huc, Empire chinois, tome II, p 142.). Il créa un Tribunal pour écrire l'histoire qui existe encore aujourd'hui.

Sous son règne, le système décimal, généralisé et appliqué à toutes les divisions du calcul 4500 ans plus tard par la Révolution française, était déjà mis en pratique par les Chinois [...]

Sous le règne de Yao, commencé en l'an 2357, les Chinois déterminent la durée précise de la révolution annuelle du soleil, et ils arrivent ainsi à la connaissance de notre
année julienne, découverte renouvelée par Sosigène en l'an 46 avant Jésus-Christ.
C'est en la 61e année du règne de Yao, c'est à dire en l'an 2297, que le livre des grands
Tableaux chronologiques chinois ou Li-tai-ki-see ("Ce magnifique livre historique, le plus beau peut-être de tous ceux qui sont sortis des presses impériales de Péking, en 100 volumes in-folio, se trouve à la Bibliothèque royale de Paris. Composé sur un plan critique et méthodique, dont les Tablettes chronologiques du président Hénault, ou l'Atlas historique de Lesage, ne peuvent donner qu'une faible idée, il commence à Yao et finit à Kien-loung." (Pauthier, Chine, p 35.) - le Li-tai-ki-see contient donc l'histoire détaillée de l'empire chinois depuis le XXIVe siècle avant Jésus-Christ jusqu'au XVIIe siècle de notre ère.) place la grande inondation diluvienne dont il est déjà question dans le Chou-king, liv. I, chap. I, § 11; chap.III, § 14; et chap. V, § 1.

[...] Yu, alors tout jeune, fut chargé par Yao de réparer les désastres causés par les eaux, et il termina ses travaux en l'an 2278. Devenu empereur, il consigna ce fait dans une longue inscription [...]
Au reste, quoiqu'il y ait eu en Chine plusieurs grandes inondations qui ont causé de grands ravages, les Chinois n'ont jamais admis l'existence d'un déluge universel. [...]

Les trois successeurs immédiats de Yu, les seuls qu'il soit nécessaire de mentionner ici, furent Ki en l'an 2197, Taï-kang en l'an 2188, et Tchong-kang en l'an 2159, sous le règne duquel eut lieu la fameuse éclipse de soleil de l'an 2155 avant Jésus-Christ.

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On a vu plus haut que
Fo-hi apprit au peuple à élever les six animaux domestiques.
"ces six animaux sont: Ma, le cheval; Nieou, le boeuf; Ki, la poule; Tcha, le cochon; Keou, le chien; et Yang, le mouton." (Pauthier, Chine, p 24; et Prémare, Recherches, p 33 )

Aussi l'histoire des Chinois rapporte-t-elle que l'usurpateur Tchi-yeou était à cheval quand il fut vaincu, en l'an 2698, par Hoang-ti, qui combattait sur un char et qui s'empara de l'empire. (Prémare, Recherches, id, p 41))

Mais, pour fournir des documents véritablement incontestables sur l'utilisation en grand du cheval par les anciens Chinois, nous les puiserons dans le
Chou-king, ou Livre sacré, Livre par excellence, nommé aussi Chang-chou, ou Livre ancien, auguste, supérieur. On sait en effet que le Chou-king, encore appelé Livre des annales, embrasse toute la période comprise entre le commencement du règne de Yao, 2357, et l'an 624 avant Jésus-Christ, [...] et qu'il a été recueilli et coordonné par Confucius vers la fin du VIe siècle avant notre ère:

" Mais ce grand philosophe, qui avait un si profond respect pour l'antiquité, n'altéra point les documents qu'il mit en ordre.
D'ailleurs, pour les sinologues, le style de ces documents, qui diffère autant du style moderne que le style des Douze Tables diffère de celui de Cicéron, est une preuve suffisante de son ancienneté."
(Pauthier, dans Livre sac. de l'or. introd. p x.)

Aussi les critiques chinois et les missionnaires jésuites, entre autres le Père Gaubil, s'accordent tous à reconnaître que les fragments historiques dont se compose le Chou-king sont tirés des historiens publics contemporains de chacun des règnes dont il est parlé dans ce livre.

La première mention qu'il y soit fait de l'usage du cheval est relative à la répression par l'empereur Ki, fils de Yu, d'une révolte d'un prince de sa famille:

"Avant le grand combat qui se donna à Kan, les six King (généraux) furent appelés.
Le roi leur dit: "Hélas! vous qui êtes préposés aux six corps de troupes, écoutez les ordres sévères que j'ai à vous donner....Si ceux qui sont à la gauche et à la droite ne sont pas attentifs aux devoirs de leur charge, c'est vous qui serez coupables du crime de n'avoir pas bien exécuté mes ordres.Vous tomberez dans la même faute si les officiers qui dirigent les chars ne savent pas s'en servir à propos."
(Chou-king, 1,II,chapII, §1,2,4)

Cet antique passage du Chou-king montre quelle était déjà l'importance des chevaux dans les combats sous le règne de l'empereur Ki (2197- 2189); et le Père Gaubil donne en note cette explication des expressions ceux qui sont à la gauche et à la droite:

" la guerre se faisait sur des chars: au côté gauche étaient les arbalétriers; à droite étaient les gens armés de haches et de lances; au milieu étaient des gens qui avaient soins des chevaux attelés."

La seconde mention du cheval que nous trouvons dans le Chou-king indique même que les Chinois attelaient déjà jusqu'à six chevaux à un char sous le règne de Yu (2205-2196), quoique habituellement leurs chars de guerre ne fussent trainés que par quatre chevaux attelés de front.

Cette deuxième mention du cheval se trouve dans une élégie rapportée par le Chou-king et composée sous le règne de Taï-kang (2188-2160), fils de Ki, voici en quelle circonstance:

" La conduite de ce roi (Taï-kang), qui passait ses jours dans les débauches de son palais, ou à la chasse au milieu des bois, ravageant avec ses chevaux et ses chiens les campagnes cultivées, excita l'indignation publique." (Pauthier, Chine, p 55)

-

"Etant allé à la chasse au delà du Lo, cent jours se passèrent sans qu'il revînt.
Y, seigneur de Kiong, profitant de l'indignation des peuples, avait fait garder les passages de la rivière pour empêcher son retour.
Alors les cinq frères du roi suivirent leur mère et allèrent à l'embouchure du Lo. Dans le chagrin où étaient ces cinq fils, ils composèrent chacun un chant qui contenait les avis et les préceptes du grand Yu. le premier d'entre eux dit : "Voici ce qui est dans les documents de notre illustre aïeul.... Quand je me vois chargé de si innombrables populations, je crains autant que si je voyais des rênes pourries employées à
atteler six chevaux : celui qui commande aux autres ne doit-il pas toujours craindre?" (Chou-king, 1, II, chap. III, !1-5)

[...] Sous le règne de Tchong-kang (2159-2147), que les grands mirent à la place de son frère l'intrépide chasseur Taï-kang, le Chou-king parle de nouveau du cheval à propos de l'éclipse de soleil arrivée en l'an 2155 avant Jésus-Christ.

" [...] Au premier jour de la troisième lune d'automne (ki-tsieou), le Tchin (selon le commentaire de Tsaï-chin: la conjonction du soleil et de la lune) n'a pas été en harmonie dans la constellation Fang.
L'aveugle a frappé du tambour; les magistrats et la foule du peuple ont accouru avec précipitaion, tels un
cheval égaré." (Chou-king, 1,II,chap IV,§4).

C'est là la traduction littérale donnée par Pauthier dans une note de la 2e colonne de la page 68 des Livres sacrés de l'Orient. Mais, dans sa traduction du Chou-King et dans sa Préface, le Père Gaubil avait d'abord traduit ainsi la dernière phrase de ce passage:

"L'aveugle a frappé du tambour, les officiers ont monté à cheval, et le peuple a accouru." (Gaubil, dans Livres sacrés de l'or., p6)

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[...] d'autres passages du Chou-king achèvent d'éclairer l'
histoire des premiers âges du cheval dans ce pays.

Lorsqu'en l'
an 1122 avant notre ère, Vou-vang ou Wou-wang, roi du Tcheou dans le Chen-si, se préparait à combattre et à détrôner Cheou-sin, dernier empereur de la dynastie des Chang,
"...., En donnant ses ordres, le roi [....] dit: Vous, princes héréditaires des royaumes voisins; et vous qui êtes préposés au gouvernement des affaires; vous, président de l'instruction publique (Se-tou), président des chevaux ou de la guerre (Se-ma), président des travaux publics, (Se-kong); vous, officiers de tous grades (Ya-tu et Che-chi); vous qui êtes à la tête de mille hommes, vous qui commandez cent hommes; vous qui êtes venus des pays de Yong, de Chou, de Kiang, de Meou, de Ouei, de Lou, de Peng et de Pou; élevez vos lances, préparez vos boucliers; j'ai des ordres à vous donner." (Chou-king, 1, IV, ch. II, § 1-4.)

Après la victoire de ce fondateur de la dynastie des Tcheou,

"[...] le roi partit du royaume de Chang et alla à Fong; il congédia les troupes et gouverna en paix.
Il renvoya les chevaux au nord de la montagne Hou, et les boeufs dans la plaine de Taolin, en avertissant tout le royaume qu'ils ne serviraient plus pour la guerre." (Ibid., 1, IV, ch. III, §4.)

L'empereur Tching-vang (1115-1079 avant J.-C.) nous renseigne sur les hautes fonctions du Se-ma ou président des chevaux, que son père Vou-vang vient de signaler parmi les grands dignitaires de l'Etat.

"Le Se-ma, dit Tching-vang, veille à la défense de l'empire, commande aux six corps de troupes, et maintient en paix les provinces." (Ibid., 1,IV, ch.XX, §10.)

Sous le règne de ce Tching-vang, [....] le prince Pe-kin publia, lors de son entrée en campagne dans le pays de Mi, une ordonnance dans laquelle on remarque ces prescriptions:

" Dans la marche et le campement de l'armée, qu'il y ait des gens qui aient soin des boeufs et des chevaux; qu'il y ait des lieux commodes pour faire paître ces animaux et pour les garder....
Lorsque des boeufs et des chevaux s'échappent, lorsque des valets et des servantes prennent la fuite, leurs maîtres ne doivent pas franchir les barrières du camp pour les reprendre; que ceux d'entre vous qui les auront trouvés les restituent à leur maîtres sans leur faire aucun mal.... Vous, gens des trois Kiao et des trois Soui de Lou... c'est vous aussi qui devez faire de grands
amas de fourrage. (Ibid, 1,IV, ch. XXIX, § 3-5)

En l'an 1078 avant notre ère, au commencement du règne de Kang-vang, fils de Tching-vang,

" le roi, étant sorti, [...] Pi-kong, à la tête des princes vassaux d'Orient, entra par celle (la porte) qui est à droite; on rangea les chevaux (présents des princes vasssaux) de quatre en quatre; ils étaient de couleur tirant sur le jaune, et leur crinière était teinte en rouge."( Ibid, 1 IV ch XXIII, §1)

Le livre des grands Tableaux chronologiques chinois, ou Li-tai-ki-sse, dit que, dans la 3e année de son règne (999 avant J.C.),

"Mou-vang ordonna [....] à Pe-kioung d'être grand écuyer, ou intendant des chars et des chevaux " (passage traduit par Pauthier dans Chine p 96)

Et le Li-tai-ki-sse ajoute que, en la 8e année du règne de cet empereur (993):

"au printemps, les Tang du nord vinrent rendre hommage et offrir en tribut un magnifique cheval de course appartenant à l'espèce célèbre lou-euth." (passage traduit par Pauthier dans Chine p 96)

Pauthier dit du reste de ce Mou-vang ou Mou-wang :

" Passionné pour les chevaux, qui étaient rares en Chine à cette époque, il en avait toujours à sa suite un grand nombre quand il visitait ses provinces, à cheval, ou sur un char traîné par les chevaux les plus beaux et les plus vigoureux" (Chine, p 94);

et il ajoute plus loin:

"L'histoire des quatre successeurs de ce prince est fort concise et n'offre rien d'intéressant pour l'histoire de la civilisation.
On voit seulement que, l'un d'entre eux ayant envoyé une armée contre les
Barbares d'Occident , ceux-ci lui firent présent de plusieurs chevaux.
D'après les données de l'histoire,

on peut présumer que les chevaux de la Chine sont originaires de la
Tartarie, d'où ils furent souvent envoyés en présent aux empereurs par les chefs de cette contrée, ou enlevés par la conquête.
Il fallait que cet animal fût encore rare en Chine à cette époque pour que son usage devînt si souvent l'objet de folies royales.
Le troisième successeur de Mou-wang (900 avant J.C.) fut si charmé du talent de l'un de ses palefreniers à monter et à dresser les chevaux qu'il lui donna une
principauté dans la province du Chen-si.
Ce roi ne poussa pas encore si loin le mépris de l'espèce humaine que cet empereur de Rome qui plaça son cheval au rang des sénateurs. "
(Ibid., p100-101)

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On aurait tort de prendre tout à fait à la lettre l'assertion de Pauthier sur la rareté des chevaux en Chine jusqu'au Xe siècle de notre ère.[...].
Au reste, Pauthier signale lui-même divers documents qui prouvent que les chevaux n'étaient pas rares dans l'empire chinois à ces époques reculées.
Ainsi il dit à la page 197 de son livre de la
Chine:
" On a vu dans la description des funérailles du roi Tching-wang (page 89) à quel degré le luxe royal était parvenu à cette époque (1078 avant J.-C.). Nous avons fait graver (planche 35) le char dont les rois se servaient dans les grandes cérémonies, et que l'on faisait figurer avec quatre autres, d'espèce différente, dans leurs funérailles."

Et il ajoute à la page suivante:

" Les anciens souverains de la Chine, dit Deguignes, avaient encore un char nommé tching.
Il était
tiré par seize chevaux, ce qui servait à faire connaître leur supériorité.
On s'est ensuite servi de ce mot pour désigner la maison d'un prince, par l'expression de
cent chars de seize chevaux chacun (pe-tching), un prince ne pouvant posséder que seize cents chevaux, selon la loi.
Par la même raison,
mille chars de seize chevaux (tsien-tching) désigne la maison royale.
Dans ces temps anciens, huit cents familles du peuple étaient obligées de fournir un char de seize chevaux, avec trois capitaines armés de leurs casques et de leurs cuirasses, et vingt-deux fantassins."

Le Chou-king indique d'ailleurs qu'un grand luxe de chevaux et de chars existait véritablement en Chine dès l'an 1115 avant Jésus-Christ, à l'époque de l'avênement de Tching-wang, car il raconte ainsi le début du règne de cet empereur:

" Dans le temps que Tcheou-kong était Tchong-taï (régent), et à la tête des ministres, les oncles paternels du roi firent courir des bruits sédicieux.
Kouan-kou fut exécuté à mort dans le pays de Kang.
Tsaï-chou fut envoyé en prison à Ko-lin, et on lui laissa sept chars."
(Chou-king, 1,IV, chXVII, §1)

Et le Père Gaubil ajoute en note:

" Le nombre des chars désignait la qualité et la puissance des princes vassaux. Ces chars, laissés à Tsaï-chou, étaient un reste de sa dignité. "

Piétrement 1882

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