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PREHISTOIRE
Les Chevaux dans les Ages de la Pierre
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N.B.

ère tertaire: distribution des terres et des mers à peu prés comme aujourd'hui- apparition des divers mammifères placentaires

premières phases de l'ère quaternaire : double bascule du sol de l'Europe
Angleterre / Continent :
d'abord unis, puis séparés, puis unis, puis séparés...

période glaciaire :

deux longues périodes de froid relatif, séparées par une longue période de température plus élevée

LES CHEVAUX DANS LES AGES DE LA PIERRE (CHAPITRE II) § 1 .

Les phénomènes géologiques et le climat de l'époque quaternaire.

[...] Depuis qu'un refroidissement relatif a revêtu notre globe d'une écorce solide, assez résistante pour n'être plus fracturée en énormes fragments nageant sur un océan de matières en fusion, comme des glaçons flottant sur nos fleuves pendant les hivers rigoureux, cette écorce terrestre a toujours éprouvé des ondulations, des plissements [...]
C'est par leur action que la mer a tant de fois couvert chacun des points de la terre, [...]

[...] L'époque tertiaire, déjà caractérisée par une distribution des terres et des mers analogue comme étendue à ce qui existe à présent, est précisément celle où apparaissent les divers mammifères placentaires, cétacés et quadrupèdes pilifères dont la plupart sont encore représentés, sinon comme espèces, au moins comme genres zoologiques, dans notre faune actuelle, dont ils occupent, le sommet.
Enfin, le commencement de la
période quaternaire ou post-pliocène a vu naître la majeure partie des espèces mammifères qui existent encore aujourd'hui et quelques autres qui ont déjà disparu depuis cette époque.

[..] Quoique la paléontologie en soit encore à ses débuts, puisqu'elle date à peine d'un siècle, elle a cependant déjà permis de constater le développement progressif de la vie organique aux diverses époques géologiques successives, [...]

[...] Pendant les premières phases de l'époque quaternaire, le sol de l'Europe a été le théâtre d'un double mouvement de bascule semblable à tous ceux qui avaient antérieurement porté la mer sur les anciens continents et émergé les nouveaux terrains de sédiment déposés au fond de l'Océan, pour en former de nouveaux continents.

L'
Angleterre, qui était auparavant unie au Continent Européen et dont les côtes étaient élevées en moyenne de 150 mètres au-dessus de leur niveau actuel, a eu le temps, pendant ces premières phases quaternaires, de s'abaisser de 450 mètres en moyenne, au-dessous de ce niveau actuel, puis de se relever assez pour se réunir de nouveau à l'Europe, enfin de redescendre au point où nous la voyons aujourd'hui .[...]

Notre hémisphère a été témoin de deux longues périodes de froid relatif, séparées par une longue période de température plus élevée,[...] Ce sont ces longues phases, embrassant la majeure partie de l'époque quaternaire, qu'on appelle généralement et que nous continuerons d'appeler la
période glaciaire, [...] qui, en réalité, n'en constituent pas moins deux périodes glaciaires, dont Lyell estime la durée totale à environ deux cent vingt-quatre mille ans. (Voy Lyell, Anc. de l'homme, p. 300.)

Piétrement 1882

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centre Hispano-Atlantique ou centre Hispanique.

Etats Barbaresques
grande presqu'île unie à l'Espagne par l'isthme de Gibraltar et complètement séparée de tout le reste de l'Afrique par une vaste mer saharienne

Océan Glacial du Nord jusqu'à Oural et Baltique

Aral, Caspienne, Mer noire réunies

Barbarie + Europe méridionale et occidentale = espèce de grand archipel

précisions

Les Etats Barbaresques, depuis le Maroc jusqu'à la Tunisie inclusivement, ne formaient pendant la période glaciaire qu'une grande presqu'île largement unie à l'Espagne par l'isthme de Gibraltar et complètement séparée de tout le reste de l'Afrique par une vaste mer saharienne, de 1200 lieues de long sur 400 à 500 lieues de large, qui communiquait largement, d'une part avec l'océan Atlantique, au sud de Mogador, et d'autre part avec la Méditerranée, à l'est de Tunis.
Les sommets de l'Atlas étaient couverts de glaciers, et les nombreux lacs salés, ou plutôt les nombreux déserts salés, qui couvrent aujourd'hui une partie de ces contrées, étaient de grandes Caspiennes salées.

Ce n'est qu'assez tard dans la période quaternaire que des mouvements du sol et des changements survenus dans le climat de ces régions ont déterminé la formation du détroit de Gibraltar et du grand désert saharien : ce qui explique bien pourquoi
les États Barbaresques sont encore de nos jours en grande partie européens sous le double rapport de leur faune et de leur flore.

Du reste, la formation relativement récente du
détroit de Gibraltar était déjà connue des anciens; le vulgaire attribuait ce fait à Hercule; mais les hommes instruits en avaient déjà découvert la vraie cause, c'est-à-dire les anciennes déchirures et oscillations de la surface de la terre. (Voyez Strabon, liv. Ier, ch III, et liv. III, ch. I, § 7)..
Quant à l'ancienne existence de la mer saharienne, elle avait déjà été signalée par Pomponius Mêla (I, 6), qui, à l'appui de son opinion, cite dans les plaines du Sahara actuel, au sud de l'ancienne Numidie, l'existence d'arêtes de poissons, de débris d'huîtres et autres coquilles, ainsi que
« des rochers qui paraissent avoir été usés par les flots, comme ceux qu'on voit au sein des mers » ;

et l'opinion de Mêla a été confirmée depuis par plusieurs géologues, notamment par Lyell, MM. Louis Lartet et Bourguignat. (Voyez Louis Lartet, Géologie de la Palestine, Bourguignat, Malacologie de l'Algérie, dernier chapitre.)

Non seulement les
États Barbaresques, autrefois entourés par la mer saharienne, étaient alors unis à la péninsule Hispanique; mais cette dernière était elle-même beaucoup plus vaste qu'aujourd'hui, puisqu'elle s'étendait à l'est jusqu'au delà des îles Baléares ; et c'est à cette grande région territoriale qu'on donne le nom de centre Hispano-Atlantique ou tout simplement de centre Hispanique.

Or M.
Bourguignat a prouvé dans sa Malacologie de l'Algérie que, à l'époque quaternaire, ce centre Hispanique a été un centre d'apparition de nombreuses espèces d'animaux mollusques terrestres et fluviatiles, à formes bien distinctes, dont l'aire géographique actuelle s'étend depuis les bords septentrionaux du Sahara jusqu'aux rives de la Garonne : fait malacologique qui est en parfaite concordance avec celui de l'apparition à la même époque de l'âne européen ânes et d'autres races mammifères dans la même région.

Nos contrées ont aussi été le théâtre de phénomènes géologiques très importants durant la période glaciaire.
L'océan Glacial du Nord avait envahi toute la partie septentrionale et centrale de l'Europe depuis l'Oural jusqu'à la Baltique;
[...] Le lac d'Aral était réuni à la mer Caspienne, qui communiquait avec la mer Noire, jointe elle-même à la mer glaciaire européenne.
Les montagnes de l'île Scandinave, des Iles-Britanniques, de la France centrale, ainsi que les chaînes des Balkans et des Carpathes, les Alpes, les Pyrénées et les Sierras espagnoles, étaient couvertes d'immenses glaciers,

[...] Enfin, tout ce qui restait de surfaces émergées dans la
Barbarie et dans l'Europe méridionale et occidentale constituait alors une espèce de grand archipel, dont les différentes parties ou presqu'îles étaient réunies par des isthmes comme celui de Gibraltar.[...]

Piétrement 1882

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originalité du climat de l'époque glaciaire en Europe

1ere glaciation

" plus doux et moins excessif, dans ses extrêmes, que celui dont sont aujourd'hui favorisées nos régions, dites tempérées," (Ed.Lartet)

pliocène :

littoral Méditerranéen : Rhinocéros, Mastodonte et Singes conditions de température plus élevée que celle de nos climats qualifiés tempérés.

quaternaire:


Rhinocéros/Hippopotame/Eléphant
hivers moins froids
Renne/Boeuf musqué
étés moins chauds


écarts bien moins extrêmes que ceux du climat actuel

type de climat littoral ou insulaire observable actuellement au Chili et en Nouvelle Zélande

[....] Mais quelques auteurs se sont fait une idée très fausse de la température de la période glaciaire, qui a permis au Renne et au Bœuf musqué d'habiter la Gaule à cette époque;
ils en ont inféré que le climat de notre pays devait alors être semblable au climat actuel des régions arctiques ; ils auraient tout aussi bien pu avancer que la Gaule jouissait alors d'un climat tropical, s'ils s'étaient souvenus qu'elle nourrissait également à cette époque certaines espèces de rhinocéros et d'hippopotame.
« " On a pu vérifier, dit Edouard Lartet, que les restes de deux de ces Rhinocéros .... se sont trouvés, dans les sables pliocènes de Montpellier, associés a ceux d'un Mastodonte et de deux Singes ...., dont ils avaient dû être contemporains.
La présence de Singes, ce genre toujours rebelle à l'acclimatement dans les régions froides, implique nécessairement pour l'époque où cette faune, ainsi mêlée, vivait sur le littoral pliocène de la Méditerranée, des conditions de température plus élevée que celle de nos climats qualifiés tempérés.

« Néanmoins, il est arrivé que, à un moment donné de la période suivante ou quaternaire, ces mêmes Rhinocéros, aussi bien que l'Hippopotame datant comme eux de l'époque pliocène, ont dû se rencontrer et vivre simultanément, sur divers points de notre Europe centrale, avec l'Eléphant
(E. primigenius) et le Rhinocéros velu (Rh. tichorhinus), puisque leurs restes se trouvent enfouis pêle-mêle clans les mêmes gisements. Ajoutons qu'on y rencontre aussi ceux de Renne ou du Bœuf musqué (Ovibos moschatus).

"
Or, pour expliquer que le Renne et le Bœuf musqué aient pu vivre ainsi dans l'Europe des temps glaciaires ou quaternaires, côte à côte avec l'Hippopotame et des Rhinocéros précédemment contemporains de Singes pliocènes, on est conduit à rabattre beaucoup des prétendues rigueurs de l'époque glaciaire, dont le climat était probablement marqué par des écarts bien moins extrêmes que ceux du climat actuel de nos temps modernes.
En un mot, il fallait des étés moins chauds pour le Renne et le Bœuf musqué, et, d'autre part, des hivers moins froids pour l'Hippopotame et d'autres espèces dont, les analogues sont aujourd'hui retirées vers les régions tropicales.

De telles conditions de température ne sont nullement incompatibles avec la grande extension attribuée aux glaciers quaternaires. On en trouve aujourd'hui la réalisation sur quelques points du globe, particulièrement dans les latitudes moyennes.

Ainsi au Chili, d'après M. Darwin, on voit, par une latitude de 38 degrés sud, les glaciers des Andes descendre jusqu'au rivage de la mer, en face de l'île de Chiloë.

"Dans l'île du sud de la Nouvelle Zélande, où les neiges perpétuelles se maintiennent à une altitude qui dépasse à peine 2 000 mètres, les glaciers ne s'arrêtent qu'à quelques centaines de mètres de la côte, et les savants attachés à l'expédition de la
Novara ont pu y constater qu'à proximité de ces glaciers il existe une végétation forestière à physionomie tropicale : les Palmiers, les Fougères arborescentes y abondent. Il est dit dans l'Almanach de Chapman pour 1867 (Chapman's New-Zealand Almanach, 1867, p. 57) que dans certaines parties de cette île la température est si uniforme qu'on y distingue à peine la saison de l'hiver de celle de l'été.
« On dira que c'est là le propre de certains climats littoraux ou insulaires.

Mais, dans l'opinion de la plupart de nos géologues, au moment même du plus grand développement du phénomène glaciaire en Europe, de vastes étendues de ce qui constitue aujourd'hui notre continent étaient recouvertes par les mers de cette époque, [...];
ce qui restait de surfaces émergées ne formait probablement alors qu'
un grand archipel, avec peut-être quelques projections péninsulaires où se réalisaient ainsi tous les avantages que présentent les climats marins sous des latitudes moyennes.

« Cette hypothèse, qui attribuerait à l'Europe des temps glaciaires un climat plus doux et moins excessif, dans ses extrêmes, que celui dont sont aujourd'hui favorisées nos régions, dites tempérées, sera difficilement acceptée par ceux de nos géologues ou paléontologistes qui ont prétendu que plusieurs grands Mammifères quaternaires avaient dû périr par suite de l'extrême rigueur du froid.
« Remarquons d'abord que la plupart de ces Mammifères, que l'on veut bien aujourd'hui accepter comme caractérisant l'époque quaternaire, [...] qui paraissent avoir vécu avant le moment de la plus grande extension du régime glaciaire en Europe, ont dû traverser sains et saufs cette prétendue crise climatérique.
En effet, on retrouve très souvent leurs restes dans les graviers et alluvions du fond des vallées, aussi bien que dans les dépots des cavernes, envisagés par le plus grand nombre des géologues comme étant d'une date plus récente que le grand phénomène erratique du Nord......

« II serait, ce nous semble, beaucoup plus rationnel de
supposer que, après la retraite des mers glaciaires, et dès le moment où l'Europe, ainsi agrandie, s'est trouvée ramenée, aux conditions d'un climat continental, les étés, devenus plus chauds, auront forcé le Renne et l'Ovibos musqué à émigrer vers les latitudes arctiques, plus en rapport avec les besoins de leur tempérament :
les Chamois, les Bouquetins. les Marmottes auront, par la même cause, cessé d'habiter nos plaines de la France centrale et se seront réfugiés sur la cime des Alpes et des Pyrénées.
D'autre part, la disparition ou l'extinction de l'Hippopotame, de certaines espèces de Rhinocéros et des grands Carnivores, dont les congénères actuels sont refoulés vers les régions tropicales, peut avoir été le résultat du refroidissement de nos hivers devenus trop excessifs pour les exigences de leur organisation. »
(Ed. Lartet, Note sur deux têtes de carnassiers, etc., dans les Ann. des sc. nat., Ve série, t .VIII, 1867, p. 290-293.)

Piétrement 1882

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2eme glaciation:
surélévation continentale, retraite des mers:

tempépatures plus extrêmes, extension des glaciers, cours d'eau torrentiels

drift (diluvium du fond des vallée
s).

Dans l'avant-dernier alinéa, Lartet a fait allusion au grand phénomène erratique du nord, contemporain de la première période glaciaire, et au dépôt plus récent des graviers du fond des vallées, produit par la seconde, qui était alors contestée par beaucoup de géologues; mais il y avait déjà plusieurs années qu'il s'était exprimé ainsi sur ces questions :
« Cette retraite de la mer glaciaire aura permis la diffusion dans toute l'Europe et jusque dans les Iles Britanniques, alors rattachées au sol de la France, des Eléphants, des Rhinoceros, etc. .
« A cette phase de surélévation continentale se rapporterait un retour manifeste à des conditions de tempépature plus extrêmes, à une nouvelle extension des glaciers dans les grands centres orographiques, et à une recrudescence concomitante du régime exclusif et torrentiel des cours d'eau qui ont produit le
drift ou diluvium du fond des vallées.
« Or c'est dans ce drift, dans ces bancs diluviens du fond des vallées, que l'on a trouvé les silex taillés de Saint-Acheul et d'Abbeville, ainsi que les restes d'Eléphant, de Cerf gigantesque, de Renne, et encore, à Manchecourt, un
membre entier de ce même Rhinocéros que les aborigènes d'Aurignac faisaient figurer dans leurs repas funéraires.
« L'homme a donc lui aussi traversé, comme la plupart de nos animaux contemporains, cette longue série climatérique
qui n'a rien bouleversé, rien détruit, et dont la cessation graduelle a pu être l'effet d'un nouvel affaissement, qui aura ramené les diverses contrées de l'Europe ou, si l'on veut, de l'hémisphère boréal, dans leurs relations géographiques actuelles. » (Ed. Lartet, Nouv. rech. sur la coex. de l' homme, etc., dans les Annal, de sc. nat., IVe série, t. XVI, 1861, p. 248.)

Quant à l'assertion que l'époque quaternaire n'a rien détruit, Lartet l'avait déjà expliquée ainsi l'année précédente :

"Si, dans la classe des Mammifères, il y a eu disparition finale de quelques espèces (une dizaine tout au plus), l'observation plus rigoureuse des faits tend chaque jour à établir que cette disparition a été le résultat, non d'une destruction simultanée, mais plutôt d'extinctions successives qui paraissent avoir été graduelles dans l'espace comme dans le temps. » (Ed. Lartet, Sur l'anc. géol. de l'esp. hum., dans les Annales des sc. nat., IVe série, t. XIV, 1860, p. 121.)

Piétrement 1882

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variations climatiques de l'ère glaciaire et migrations des mammifères Notre globe a donc vu se succéder des phénomènes géologiques et climatologiques de la plus haute importance durant l'époque quaternaire.

Des glaciers ont deux fois envahi et deux fois abandonné de vastes territoires dans l'Ancien Continent et la première de ces périodes glaciaires s'est compliquée d'une immense extension des mers dans certaines régions de ce continent;

deux longues périodes d'un froid relatif et d'humidité ont succédé à deux périodes de température relativement sèche et élevée, et elles ont en dernier lieu été suivies du climat à saisons si variables de l'époque actuelle.

Il en est forcément résulté, dans le cours des siècles, de
grandes migrations, parfaitement prouvées, de certaines espèces mammifères terrestres (Voyez notamment Ed. Lartet, Sur les migrations anciennes des mammifères de l'époque actuelle, dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences, tome XLV1,1858, p.409-414), et l'extrême lenteur avec laquelle se passaient les phénomènes géologiques et climatologiques permettait du reste, même aux espèces les plus lentes, de se déplacer peu à peu pour chercher ailleurs des conditions d'existence appropriées à leur constitution, à mesure que le mouvement des mers ou des changements de climat leur rendaient la vie impossible dans leurs anciennes patries.

Aussi n'y a-t-il eu alors ni grand cataclysme ni destruction générale et subite des êtres organisés, [...] ce qui ne veut pas dire que les phénomènes glaciaires n'aient pas eu leur part d'action sur l'extinction de quelques espèces animales.

Du reste, ce qui prouve bien que le climat constant et tempéré de notre période glaciaire était produit par la distribution géographique des terres et des mers, par l'absence des vents brûlants qui nous viennent du Sahara aujourd'hui desséché et par l'absence des vents glacials qui nous arrivent en hiver des contrées septentrionales de l'Europe autrefois couvertes d'eau beaucoup plus que par les influences cosmiques, c'est qu'à l'époque où les hommes de la période glaciaire chassaient et mangeaient dans toute l'Europe occidentale le Mammouth, le Rhinocéros, le Cheval et autres grands mammifères, les deux tiers de la Sibérie aujourd'hui glacés étaient couverts d'immenses forêts dont il ne reste plus nul vestige vivant et qui nourrissaient également de nombreux troupeaux des mêmes espèces animales, comme Ed. Lartet l'a montré dans sa Chronologie paléontologique ( Ann. des sc. nat.: zoologie; IVe série, t. XV, 1861, p. 217-232.) , en citant les documents fournis par les auteurs de la Géologie de la Russie, Murchison, de Verneuil et Keyserling.

Piétrement 1882

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[...] Quelle que soit d'ailleurs la façon dont on veuille expliquer la distribution particulière des mers pendant la période glaciaire, il n'en est pas moins certain qu'elle a donné à la Sibérie un climat beaucoup moins rigoureux que celui dont elle souffre actuellement; et aux régions du sud-ouest de l'Europe, ainsi qu'aux États Barbaresques, un climat doux et humide, exempt des grands écarts qui existent aujourd'hui entre nos hivers et nos étés, enfin extrêmement favorable à la végétation et à certaines espèces animales.

L'humidité du climat de nos contrées méridionales a même persisté assez longtemps après la retraite de la mer glaciaire et la fonte des grands glaciers; car l'étude de la flore, de la faune et notamment de la conchyologie de
l'âge du renne, a prouvé que beaucoup de nos provinces méridionales, entre autres la Provence, avaient encore alors un climat doux et humide avec de nombreuses eaux jaillissantes (Voyez G. de Saporta, Température de la Provence à l'époque du Renne, dans les. Matériaux pour l'hist. de l'homme, IVe année, 1868, p. 42.)

[....] Du reste, ce qu'Edouard Lartet vient de dire de la disparition lente et successive de certaines espèces mammifères quaternaires est également applicable à certaines espèces des autres classes zoologiques et phytologiques, non seulement de la période quaternaire, mais encore de toutes les périodes géologiques caractérisées par la présence des êtres organisés sur la terre. Aussi la faune et la flore de chaque période géologique se composent-elles toujours d'une notable partie des espèces animales et végétales de la période précédente, auxquelles se sont ajoutées des espèces nouvelles, comblant le vide laissé par les espèces disparues.

Il n'y a donc pas eu destruction subite de toutes les espèces vivantes, ni création de toutes pièces d'une autre faune et d'une autre flore, lors d'aucun des passages d'une période géologique à une autre. Aucun de ces passages n'a été signalé par un cataclysme; les fleuves, les courants marins et atmosphériques n'ont pas alors été soumis instantanément à un autre régime; ils ont continué, comme par le passé, l'oeuvre lente des remaniements de l'écorce terrestre. [....]

Piétrement 1882

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